Manger et boire en Corée du sud ?

Les coutumes et les usages quotidiens, c’est ce qui étonne souvent le voyageur.

La nourriture est évidemment un des éléments culturels importants. La cuisine asiatique a des points communs, comme l’a également notre cuisine occidentale. Je résume dans cet article les informations qui me semblent plus spécifiques à la Corée. C’est aussi un témoignage de quelques ‘surprises’ du palais occidental. Sans connaissance de la langue, j’ai parfois ‘testé’ sans savoir ce que j’allais découvrir comme saveur.

Art de la table :

Les grands principes :

A gauche de l’assiette, le bol de riz, à droite le bol de soupe et les baguettes plates et métalliques (jeotgarak) et cuillère (sutgarak). Au milieu les petits plats en nombre impair, le hanchan dont le fameux kimchi. Le riz se mange avec la cuillère qu’il ne faut pas piquer dans le bol. Attention, c’est un rite mortuaire. On ne porte pas non plus le plat à la bouche.

On fait toutefois du bruit en mangeant les nouilles et la soupe.

Mon petit déjeuner traditionnel coréen, service en bol métalliques baguettes et cuillère. Porridge à base de bouillon de poisson comme plat de résistance. J’avoue de ne pas avoir apprécié. Mais le petit plat à droite sur l’image, les poissons séchés “caramélisés” au noix, s’avère étonnamment bon. Pour le reste, on échappe pas au kimchi et au piment.

A table, il faut remplir les verres de l’alcool avec deux mains, mais uniquement des autres convives. Les jeunes tournent le verre trois fois devant les anciens avant de boire. On ne finit pas un plat plus vite qu’un ancien !

Pourquoi les baguettes « jeotgarak » sont plates, fines et en métal ?

Les baguettes coréennes sont plus difficiles à manier. Un occidental demande donc souvent une fourchette – ‘fork’ qui se prononce toutefois « pokeu ». Au 7ème siècle, les classes supérieures croyaient pouvoir détecter du poison en utilisant les baguettes en argent. Pour économiser ce métal rare, les baguettes ont été aplaties et affinées. Le peuple, pour imiter la bourgeoisie, se dota de baguettes plates en métal.

Je déguste les beignets aux légumes. Je partage le bol de
Makgeolli (boisson à base de riz) avec la dame pour lui extorquer un sourire.
Le café, la boisson bien plus importante que le thé.

Le plus fréquent est americano. Il est très allongé, un véritable jus de chaussette, parfois avec le goût noisette ou patate douce. Depuis l’an 2000, les chaînes comme Starbucks, Hollys coffee ou  Angel in us ont poussé comme des champignons.

Cuisine à base de piment, partout à haute dose.

Bibimpap, « le riz mélangé », est le plat populaire de base avec du riz, des légumes et/ou de la viande. Facile à manger sauf qu’il est souvent agrémenté de la pâte de piment « gochujang ». Ce mélange est souvent réalisé avant de pouvoir modérer la quantité. De manière générale, en Corée du Sud, il faut aimer le piment et avoir l’estomac blindé. Il est difficile de résister à la quantité qu’on ingurgite sous différentes dans tous les repas.
Emportez un pansement gastrique.

Le piment (à mon grand désarroi) est omniprésent à haute dose dans 80% de recettes. Il semble difficile d’y échapper.
Cuisine kimchi  chaque jour.

Ce sont les légumes fermentées (surtout le chou chinois), salées, pimentées et acides. Ils dégagent une odeur caractéristique. Le plat quotidien coréen est associé à la fête traditionnelle de kimjang, remise au goût du jour depuis 2015. Autrefois, les habitants se réunissaient pour préparer en automne le kimchi pour tout l’hiver. Après des jarres, les Coréens ont adopté des frigos réservés au kimchi. C’est presque le standard d’une cuisine coréenne d’avoir donc deux frigos.

Kimchi entre dans la composition de nombreux plats comme la soupe (kimchi jjigae), riz sauté au kimchi (bokgeum-bap) ou galette au kimchi (kimchi geon).

Les jars à kimchi se trouvent encore dans les jardins à la campagne, en ville ce sont les frigos à kimchi.
Ginseng.

Le goryeo ginseng, est une plante cultivée largement, car le climat est favorable. La planter est consommée sous forme de thé, de liqueur, de boissons, de bonbons, en médecine et en cuisine.

Vous aimez les haricots rouge?  

La Corée n’est pas un pays champion de dessert élaboré. C’est un pays du Bigsu, c’est-à dire du dessert à base de haricots rouges (pat bingsu), de fruits et du lait concentré.

La plupart des desserts qui ont l’air d’être fourrés au chocolat comportent en réalité cette pâte de haricot rouge (patt). Même dans la chaîne Paris baguette, le chocolat du pain au chocolat est une pâte de haricot. Les plats y sont adaptés au goût coréen.

Il est souvent très difficile de déterminé dans les magasins de ‘boulangerie’, si l’aliment sera sucré ou salé. La présentation des articles mélange facilement sur le même présentoir les beignets avec patt sucré et et un fourrage salé.

Sucré ou salé?

Je me suis trouvée avec un beignet fourré à l’ oeuf mayonnaise à la place du dessert.

Le jour suivant, j’ai prévu un gros ‘pain’ au beurre d’ail pour mon sandwich lors d’une balade. A ma grande déception, je découvre une brioche sucrée. Mais, recouverte du beurre à l’ail bien salé. Ces mélanges de goûts sont assez improbables pour notre palais.

J’ai toutefois également trouvé de petites boulangeries de quartiers avec d’excellents ‘quatre-quart’ légers et moelleux au goût de pain d’épice. A Busan, il sont sont devenus la base de mes petits déjeuner.

Si vous aimez le quinoa, vous serez comblés par les innombrables recettes de “bubble the”. Vous pourrez même sélectionner parfois les bulles gluantes de différentes tailles. Puis ajouter les ingrédients pour varier les saveurs. Voici le dessert le plus facile à adopter.

On trouve aussi souvent ces desserts glacés et lactés. Une grosse pile de glace pilée à base de lait est recouverte de fruits (Les fruits sont souvent servis encore légèrement surgelés).


Voulez-vous une feuille d’algues avec votre café?

Kimbap, c’est notre “jambon beurre”, dans une feuille d’algue, du riz, des légumes, du thon ou du jambon. c’est 20cm de repas pas cher. En version boule : jumokbap et en version triangle kimbap.

La mauvaise surprise du jour : je prends un sachet de ‘biscuits au pavot’ pour accompagner mon café. Ah, il s’agit des galettes d’algues. Je n’ai pas mis mes lunettes.

Les plats qui se partagent autour d’une table avec l’aide des serveurs aux petits soins.

  • Dag-galbi : poulet et légume avec une sauce rouge qui tache. Piment à volonté.
  • Shabu-shabu : fondue d’origine mongole aux lamelles de boeuf. On trouve aussi le shabu-shabu au Japon.
  • Sam gyeopsal : barbecue coréen au porc. Il est excellent, sans doute mon meilleur repas en Corée. Mais il se partage, donc il faut trouver un convive.

La table a parfois 3 boutons d’appel : pour le soju, pour la bière, pour le serveur.

Vous aimez manger bien chaud? Vous aurez aucun problème, le repas doit être servi bouillonnant.
Manger seul au restaurant?

J’ai eu beaucoup de mal à profiter de la bonne cuisine coréenne en voyageant en solitaire. On ne déjeune pas seul dans un restaurant et encore moins les barbecues, ces plats ‘à partager’. A lire à ce sujet mon post sur le voyage en solitaire.

Chien en poussette ou dans l’assiette ?

A Séoul il n’est pas rare de croiser une femme avec une poussette où le bonnet rose cache en réalité un museau de bichon, de shih-tzu, de chihuahua. Ou encore d’un autre non-chien asiatique comme maltipoo.

Pour faire une petite parenthèse ‘chien’, les seuls beaux chiens qu’on peut trouver ressemblent à des husky. Ce se sont de très courageux pungsans (considérés comme trésor national de la Corée du Nord !). Ensuite, vous verez le malin jindo ou le très rare Sapsal qui a failli disparaître à cause de la soupe et est de ce fait protégé depuis 1992.

Dans les animaleries, les chiots chétifs sont exposés comme des bonbons dans une bonbonnière. Les femelles épuisées par trop de portées finissent en soupe dans ces quelques restaurants qui proposent encore la viande de chien. Mais attention, c’est de moins en moins acceptée. Comme la viande de cheval en France, la viande de chien est délaissée par la nouvelle génération. Il n’est pas simple pour un occidental de tomber donc sur ce type de restaurants.

Mais on trouve dans les ruelles pas très exposées au passage du touriste les restaurant à grenouilles géantes… Je n’ai pas essayé.

appétissante enseigne
Mukbang, la cuisine à la TV

Il y a des dizaines de chaînes de TV et d’émissions consacrées à la nourriture (et à tir à l’arc). En Corée on mange à toute heure du jour et de la nuit. Mogda bang est la diffusion des bruits de bouche qui accompagnent le repas. Tous devant la webcam en compagnie d’autres jeunes qui posent des questions sur la cuisine à la ‘star’ du blurb et du slurp en direct.

Chaud devant.

Dans mon jimjilbang préféré, j’ai attendu mon tour de peeling assise dans ma hutte de sudation. J’ai pu regarder avec les masseuses une émission populaire de ce type. J’ai parfaitement compris le rapport extrême à la chaleur de ce pays. Il passe par la nourriture servie bouillante, par le soin du corps brûlant ou encore par le chauffage par le sol (ondol).

Manger dans les ruelles des marchés publiques et très facile, il y a toujours une partie consacrée à la nourriture.

Le Pays du Matin clair se réveille avec une gueule de bois

Depuis 1990 existe un service de chauffeur de remplacement, le daeli unjeon qui ramène sur un simple appel le client éméché à son domicile. Depuis, il est aussi utilisé par des businessmen fatigués.

Le fait est que les coréens boivent réellement beaucoup.  Quand on sait la quantité de travail qu’abat le peuple Coréen, chacun finit par comprendre. Quoi de plus normal que de vouloir se détendre, après une journée de dur labeur?

Certaines études sur la consommation des spiritueux dans le monde, classent les habitants du pays du matin calme comme premiers buveurs de l’alcool, le fameux 소주 (soju).

Boire en groupe, après travail.

Dans une société d’hyper consommation, la tendance est aussi à la rapidité, le fameux 빨리빨리 (vite vite!).
En outre, les codes hiérarchiques sont présents dans toute la société coréenne. Ils le sont aussi lors des soirées arrosées entre collègues où on boit vite et beaucoup.

On tend son verre avec les deux mains pour se le faire remplir et il est normal de servir la personne en retour, mais Il est mal venu de se servir soi-même. Lorsque l’on boit il est courant de cacher son verre et sa bouche avec la main ou de tourner la tête. Il est mal poli de refuser de boire un verre que l’on vous donne.

La « Société qui pousse à boire », c’est le titre d’un livre paru déjà en 1921 de Hyeon Jin-geon.

L’accès à l’alcool est facilité, disponible partout dans les restaurants, pubs, clubs, les noreabang, supérettes 24/24, l dans les rues. Il est au prix dérisoire, la bouteille de soju de 350ml contenant 20% d’éthanol coûte à peine plus un euro. Les media valorisent l’alcool, les vedettes sponsorisent le soju dans le pubs ‘girly’, le chanteur PSY de Gagnam style fait la promotion du soju.

Pour ne pas se tromper :

소주 (soju) : 20 degrés à base de riz, ou de la patate douce, du blé et de l’orge.
맥주 (maekju) : bière blonde de 4.5% (Hite et cass)
막걸리 (makgeolli : liqueur à base de riz d’aspect laiteux (13%)
소맥 (somaek): mélange de soju et de la bière
치맥 (chimaek) : le soju qui accompagne le repas, chimaek, soju+poulet est le plus populaire

Pour trinquer, c’est « 건배 (geonbea) » et pour commander une bière : 맥주 주세요 (maekju jusaeyo) en laissant bien traîner le OOOO.

Mais, autant dire tout de suite que tout ceci concerne plus les hommes que les femmes en Corée du Sud.

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