Vous avez dit Friendy house?

IRAN : FRIENDLY HOUSE sur la photo avec une dame pas très friendly.

Je me suis intéressée à l’Iran, car ce pays est un concentré de la géopolitique mondiale. Ce pays cristallise aussi les enjeux liés aux courants religieux politisés.

Il est impossible à faire un raccourci géopolitique à la Trump.
On dit que l’Iran devrait fêter chaque jour le Saint-Paradoxe.
Un petit rappel des événements récents.

1. Il y a quelques semaine Trump désigne l’Arabie saoudite wahhabite comme le fer de lance de la lutte anti-terroriste de l’islam radical. Une bonne blague évidemment, quand on voit partout sur la planète à quel point le salafisme est dopé par les oulémas saoudiens.

2. Trump désigne aussi l’Iran comme le soutien des « terroristes », notion trumpienne très confuse et approximative. Il ne dit pas volontairment s’il s’agit des fous du califat sunnites sanguinaires de Racca, (non, car combattus en ce moment par les chiites de l’Irak et par l’Iran), ou s’il s’agit de chiites houthi de Yémen bombardés actuellement par l’Arabie saoudite et du Hamas palestinien qui copine non seulement avec l’Iran mais aussi avec le Qatar…Trop de nuances et de complexité ?

3. L’Iran vient de réélire un président “modéré” et défenseur de l’ouverture, un certain Rohani. Qui se prend donc aussitôt un poing dans le nez par Trump. Ce qui plaît évedemment à ses opposants conservateurs et aux faucons militaires iraniens et Pasdarans. C’est ce qu’on souhaitait en terme de diplomacie : refermer la lucarne, bloquer les accords d’Obama?

4. Sur le rôle dans le terrorisme, soyons plus clairs : en mars 2017, un communiqué officiel de Daesh annonce la volonté d’éradiquer les chiites iraniens et d’ensanglanter l’Iran pour se venger des actions militaires à leur encontre. Donc les terroristes désignés par Trump sont attaqués par les terroristes designés par Trump….La réalité est là, Daesch est un grand ennemi de l’Iran. Et je peux le vivre sur le terrain.

5. La semaine dernière, j’écoute les informations locales en farsi dans un café en Iran traduites à chaud par les iraniens. Les attentats terroristes sont revendiqués par EI à Téhéran. Dont probablement un déjoué contre la Présidence et deux qui ont aboutis au Parlement et au mausolée de l’imam Khomeini. Ceci s’ajoute à la série d’environ 70 autres actions terroristes déjouées depuis janvier sur les zones frontalières de Sistan Balouchistan et au Kurdistan (frontières avec Irak, Afghanistan et Pakistan). Mais là, c’est le centre du pays qui a été touché…

Le fait est que l’Iran chiite aide militairement le régime syrien face aux groupes sunnites rebelles dans le but de protéger Bachar, mais aussi face au groupe État islamique (EI). Le pays soutient également le gouvernement irakien dans sa lutte contre les groupes jihadistes. Les murs de mausolées se remplissent des photos de soldats iraniens morts aussi face à l’EI dans tous les petits village du pays. C’est donc un peu plus subtil …

6. Il suit un séisme diplomatique autour de Qatar, puni par les saoudiens pour leur politique indépendante et le rapport économique pacifique avec l’Iran. Ces deux pays se partagent le plus grand champ gazier du monde entre voisin sans trop de polémiques. Les deux soutiennent aussi les mouvements d’origine Frèristes partout où l’Arabie saoudite soutien plûtot les salafistes. Le Quatar comme l’Iran sont proches du Hamas.

Pas très facile tout ceci ? Quel sont nos opportunités dans ces affaires ? Sommes-nous concernés ou pas ? Doit-on se satisfaire d’une analyse très binaire?

Voilà les questions auxquelles je voulais trouver les réponses par la lecture et l’écoute et observation dans un pays qui ressemble actuellement comme deux gouttes d’eau à un pays communiste des années 70-80.
Un curieux raccourci ?
Non, un régime totalitaire vert où on impose un dogme par l’oppression, ressemble réellement comme une goutte d’eau à son petit frère rouge.
Son régime représsif, sa rhétorique, ses pratiques, son économie bancale et corrompue. Comme pour la vie compliquée des citoyens. C’est à eux qu’il faut penser avant tout. Et c’est ce qui m’anime. Car Trump se moque de la société civile iranienne qui est majoritarement opposée au régime en place.

Voilà mes questions auxquelles je tâche de trouver des réponses :
1. Comment a évolué la société iranienne après une période catastrophique du populiste Ahmadinejad à l’islamisme rustique, rhétorique stupide et clientélisme magistral. Quel potentiel de changement sous Rohani ?
2. Quelle est le potentiel d’opposition au régime, comment s’exprime l’opposition. C’est quoi d’être jeune en Iran et une femme en Iran, 38 ans après la révolution?
3. Qui détient le pouvoir actuellement entre les treillis des Pasdarans et les turbans des Mollahs ?
4. Quel est l’écart entre la rhétorique officielle, les slogans, les postures anti-israéliens et anti-américains, les exclamations belliqueuses et la réalité quotidienne des actes ?
5. Quels sont les problèmes majeurs qu’affronte ce pays, les enjeux internes, externes, sociaux. Le pays immense qui a la frontière avec plus de 10 pays et pas seulement avec les voisins faciles à vivre (Pakistan, Afghanistan, entre autre).
Et quel est la politique de l’Iran face à l’EI et les autres mouvances radicales qui agitent les drapeaux noirs à deux pas de leurs frontières.
6. Quelle position doit adopter l’Europe et la France face aux postures américaines manichéennes au Proche et Moyen Orient ? L’Iran étant le contrepoids et ennemi évident de l’Arabie Saoudite.

En lisant, parlant avec les gens et en observant. C’est n’est jamais suffisant, mais mieux que rien.