Tolérance ou le respect et les limites

Lectures et paroles atroces ces derniers jours. Et justifications bidon pour un vote extrême.

La confusion mentale daltonienne se propage en France : ‘tout se vaut, voter pour le FN c’est, comme voter pour les autres’. Pour enfoncer le clou, la leçon de tolérance : ‘toute opinion est respectable’, car on ne doit pas « mépriser les électeurs de Marine le Pen ».

Voici ma réponse ferme aux discours bien-pensants de cette tolérance pervertie qui se développent comme une épidémie chez les penseurs et commentateurs de tout bord.
Etablir les limites dans les rapports avec les autres humains est un besoin vital. Pour pouvoir cohabiter, il faut comprendre où se situe la frontière de l’autre. Et déterminer où s’arrête la vôtre. C’est ce qui nous permet d’exister, tout en évitant de se dévorer en permanence comme des animaux. Mais, il y une différence entre la tolérance et le respect.

Je dessine deux cercles. La zone blanche plus grande qui détermine tout mon Territoire est une zone de CONFORT et dont la frontière est ma Tolérance. Cette frontière peut s’ouvrir, laisser passer ou pas. Le passage est négociable. Il nécessite parfois un minimum de réciprocité ou juste l’envie de partager ou la volonté de se laisser approcher, de fraterniser, dialoguer, échanger, collaborer.
La tolérance est donc le passage par la zone blanche qu’on vous autorise ou que vous autorisez aux autres. Ou pas, si vous n’avez pas envie d’être sympa. Où si vous être comme on dit joliment ‘étroit d’esprit’. Elle peut être donc grande ou petite.
De nombreuses personnes pensent, que tout ce qui définit les relations humaines est cette gentille négociation réciproque de passage. Ils imaginent aussi que cette zone blanche doit être toujours ouverte, surtout d’ailleurs pour leur laisser le passage. Et quand vous leur faite comprendre que ce n’est pas une obligation, mais votre CHOIX, ils ne vous aiment généralement plus du tout.

Mais, il existe une seconde zone, que je mets derrière la ligne jaune, c’est la zone de survie (mentale et physique) individuelle. La zone d’INTEGRITE, au sens où c’est votre seul moyen de rester entier =intègre.
Chaque humain adulte et mature devrait déterminer sa zone jaune. Et sa frontière est la MORALE. Sa règle de franchissement ne devrait pas être négociable. C’est la Zone de survie. C’est la Zone de Respect vital qu’on se doit. Ce n’est PAS une zone de confort. La défendre est tout sauf confortable ! C’est la zone pour laquelle on combat et on fait des sacrifices pour rester entier.
Le sens moral est une frontière jaune qu’il ne convient pas de rompre par facilité, par fainéantise ou par intérêt. Car, on ne la récupérera plus jamais.
La zone jaune est tout ce qui différencie ceux que je tolère de ceux que je respecte. Pour que je respecte une personne, il faut qu’elle fasse un minimum d’effort de bâtir et de défendre cette zone jaune de sa propre moralité. Il ne suffit donc pas juste d’exprimer une opinion pour mériter du respect. Au nom de quoi devrais-je respecter n’importe quelle bullshit dangereux exprimé ou un acte vicieux ? Le droit au respect est une fonction du devoir et de la morale.
Les hommes ont une fâcheuse tendance à confondre le jaune et le blanc et réclamer le respect comme un dû, sans vouloir comprendre que le respect se gagne et parfois au prix des sacrifices.

Je n’aime pas être juste tolérée, je préfère être respectée. Je passe souvent à travers les zones blanches de conforts des autres personnes, mais je comprends qu’on ne doit pas briser la frontière jaune, car on touche à la survie morale et mentale de l’autre. Je peux la respecter, mais uniquement, si elle existe. Et c’est là mon point.
Si cette zone n’existe pas, il n’y a donc rien à respecter. Si l’humain en face de moi, ne fait aucun effort de bâtir et de défendre avec effort conséquent sa zone respectable, il y a NADA à respecter, du vent. Par conséquence, tout le monde n’est pas ‘respectable’. Et tolérer n’est pas respecter.

En temps de paix, maintenir la différence entre ces deux zones (du confort social et de la survie de l’être) est difficile pour beaucoup de personnes, car le sens de survie est naturellement atténué. Quand les enjeux ne sont pas vitaux, il est plus simple de céder aux butoirs qui frappent la ligne jaune. Parfois, parce que c’est « profitable » et souvent, car c’est tellement plus facile que de gérer les conflits avec ceux qui forcent les lignes jaunes.
A tel point qu’en temps de paix se développe cette maladie oculaire où on ne voit plus la différence entre le jaune et le blanc. Au nom de la « tolérance », les gens piétinent impunément en grosses bottes les frontières jaunes de la morale, tout en parlant de manque de respect, ou de leur ‘liberté individuelle bafouée’, si on leur demande d’arrêter !
Cette confusion mentale finit par faire croire aux citoyens que non seulement « tout doit être toléré », mais en plus que « tout doit être respecté ». Que chaque comportement humain, chaque projet politique, chaque organisation sociétale se vaut et qu’on DOIT RESPECTER tout le monde de manière égalitaire. C’est une FOUTAISE dangereuse.
Les totalitaires de tous les temps ont toujours profité de cette confusion mentale. Les malades daltoniens à force de ne pas voir les frontières des couleurs, perdus au milieu du brouillard, nourrissent la bête autoritaire et totalitaire.
Car les leaders autoritaires prônent la totalité et l’unicité de vérité, une seule règle, une seule forme de vie tolérée et respectée, la leur. Nous nourrissons de jolis spécimens en France de ces politiques. Ils profitent de la confusion mentale daltonienne et au nom « du droit au respect de leurs opinions » dessinent des projets de sociétés en s’appuyant sur les confus en les faisant croire que oui, on leur manque tellement “de respect “! Et que grâce à leur autorité, ils vont rétablir la justice en leur nom.

NON, je ne considère pas que « c’est pareil » de voter FN ou Hamon ou Macron. Comment peut-on confondre un programme qui propose un monde sans aucun espace jaune et un programme qui propose de renégocier l’organisation des espaces blanc, sans toucher aux espaces jaunes. Dans le but de laisser un peu plus de place à ceux qui vivent trop à l’étroit.
Il est donc utile de faire la différence entre un escroc, un manipulateur, un Père Noël et un réformiste.

Non, je ne respecte pas les électeurs FN.
Car leur confusion mentale finit toujours mal. Que ce soit par manque de connaissance, par la haine, par la colère, par la jalousie, par la croyance ou même par la souffrance, cette population a abandonné les zones jaunes et erre sans repère et sans maison. C’est une masse qui suit les leaders autoritaires lesquels s’en nourrissent comme des êtres maléfiques. Et ces hommes et femmes représentent un danger autant que leur leader.

Ce sont eux, ces pauvres paysans qui livrent leur production au chef du goulag en fermant des yeux sur l’environnement, car ‘ça paie’.
Les architecte et maçons qui construisent les baraquements des camps de concentration en détournant le regard des prisonniers, car c’est juste leur métier’.
Les pères de famille soucieux qui dénoncent le voisin qui cache des juifs pendant la guerre par crainte de représailles sur leur propre famille, car il faut « protéger les siens ».
Les jeunes étudiants brillants qui font les fiches sur les blagues politiques des citoyens dans les cafés sous régime communiste pour juste pouvoir continuer à étudier, car il est dommage de gâcher leurs intelligences.
C’est aussi l’industriel qui se frotte les mains, car son acier se vend bien et fait semblant d’oublier que c’est pour les tanks des nazis, car ça « crée aussi des emplois ».
Le professeur qui finit par ânonner le cours de l’histoire révisé et bidon par Staline ou Mao pour garder sa place, car il faut « continuer à former la jeunesse ».
L’artiste qui se force à dessiner dans un style réaliste pour plaire à un Lénine ou Poutine, car « l’art doit servir le plus grand nombre ».
Le fonctionnaire qui met juste des tampons sur les papiers pour livrer les opposants ou les juifs au dictateur, car il est « représentant d’une fonction et donc juste un exécutant ».
Tous, expliquent ensuite qu’ils avaient une bonne raison de céder, qu’ils n’avaient pas TOUT COMPRIS, qu’ils n’avaient pas le choix, qu’ils n’étaient ‘personne’ d’important, juste un petit rouage de la machine enrayée. Qu’il faut leur pardonner et les ‘respecter’ dans leur humanité détraquée. Or, c’est faux. On a toujours le choix, mais ce n’est pas toujours la solution la plus commode.

Avant que les nouveaux totalitaires-autoritaires nous gouvernent et nous mettent dans un clapier fermé, je refuse de tolérer, de respecter leurs idées, leurs programmes et aussi leurs électeurs.

Je me passe d’eux, fut-ils nombreux, je leur ferme mon espace blanc et je barricade ma zone de survie jaune.
Et si cette épidémie régulière de ce grand nombre d’infectés, avec la complicité des éternels naïfs sourds-muets ‘ qui se croient meilleurs, car ils se croient justement tolérants et respectueux, nous submergeait encore une fois, comment fait-on pour rester debout ?

On fait semblant de quitter son « espace jaune », on le reconstruit aussitôt ailleurs et on combat de toutes les forces. Par tous les moyens, par derrière, par devant, à la loyale ou avec la ruse, en dynamitant les ponts, les routes, en détruisant leurs moyens de communication, en s’infiltrant dans leurs rangs et on résiste jusqu’au dernier souffle. On résiste. C’est tout. Même déguisé en Stroumpf bleu. Mais je refuse de les RESPECTER.