Sur le renoncement.

Pour tous ceux qui n’arrivent pas faire un choix qui leur semble trop difficile. Pour les ni-ni et les votant blancs. Et aussi pour ceux qui votent, alors que la peur du monde actuel les paralyse…un petit récit.

Un jour j’ai assisté à une rencontre avec un homme qui a fait le tour du monde en montgolfière, c’était Bertrand Piccard. Il a réalisé le tour complet de la terre, sans moteur et sans gouvernail, simplement poussé par les vents.
Bloqué près des Caraïbes, il ne trouve plus les vents porteurs pour la dernière partie de traversée vers l’Afrique.

En désespoir de cause, Bertrand tente un dernier coup de poker. Il dépense une énorme quantité de propane pour monter aussi haut que possible. Là où les vents sont parfois plus rapides. Une grande prise de risque. Car pour cela il faut qu’il consomme les réserves lourdes de propane. A 10’500 mètres, les courants rapides le remettent dans la bonne direction.

Il termine les derniers 10’000 kilomètres, soit le quart du tour, avec le dernier huitième des réserves de gaz. Arrivé en Egypte, les bouteilles sont à sec.

Changer l’altitude était la solution. Mais pour cela, il fallait larguer les dernières réserves et risquer de finir au milieu de l’Atlantique. Quelle décision difficile !

La vie nous réserve parfois ce type de choix.
Il y a ceux qui abandonnent tout et jugent la difficulté ‘insoluble’ et rentrent bredouillent des Caraïbes.

Ceux qui n’acceptent pas de griller les réserves, ne changent pas de perspective, privilégient la sécurité et échouent au milieu de l’Atlantique, sans surprise.

On réussit seulement en prenant de la hauteur, en assumant un choix difficile, en renonçant à la sécurité et en modifiant le plan initial.

Aucune raison d’être béat d’admiration devant l’incapacité à renoncer à sa zone de confort.
Surtout, quand on compte sur les autres pour éviter le pire.