Sur l’économie planifiée  » selon les besoins » et accessoirement sur l’export des balais.

Avant ce WE électoral!

Je souhaitais ressortir rapidement l’article que j’ai publié il y a des années sur Quora pour répondre aux arguments d’un jeune néomarxiste suisse (je sais, c’est un oxymore).
Il y vendait les bienfaits de l’économie planifiée et du collectivisme.

(Mais, je n’ai pas le temps de corriger les fautes, le français et le style. Je m’en excuse.)

Par ailleurs, je ne suis pas un militant qui se lève chaque matin avec l’idée de combattre la gauche, la droite ou Macron.
Si la politique ne détruit pas les fondamentaux démocratiques et les libertés, je n’ai pas besoin de commenter les sujets quotidiens sur les joies et les peines de la politique.
Les erreurs, les maladresses, les mauvais choix, c’est humain. Et la politique est humaine, donc imparfaite.
Je peux comprendre le désir de voter un nouveau parti de gauche, mais à condition de savoir où on met les pieds.
Cependant, la prise en otage de la social-démocratie par des néostaliniens, les trotskystes et les amis de Corbyn m’inquiète.

D’autant plus qu’ils présentent un packaging nouveau, mais avec un contenu bien ancien.

Du marxisme en marque blanche pour ne pas faire peur.

Chez les nupes, il ne faut pas parler ouvertement du marxisme, car cela serait un repoussoir pour de nombreux électeurs.

Il y a deux arguments qu’on utilise souvent :
1. « Les solutions économiques de la planification et du collectivisme, mises en œuvre par Lénine, Staline et Mao, ‘prétendument communistes’ au nom du marxisme n’étaient pas du tout du marxisme ! Nous, c’est différent
2. Les problèmes de toutes les expériences ratées des pays communistes et bolivariens et de leur économie planifiée et du collectivisme depuis 100 ans, étaient liés au fait que l’idée était  » mal appliquée « . Il s’agirait ainsi que d’un simple souci d’exécution.
Des centaines de milliers d’ancêtres de Mélenchon seraient donc tous des imbéciles qui auraient lu mal le manuel marxiste ou ont mis en place un système qui était du Canada Dry du marxisme -léninisme ?
Le nouveau leader français nupiste qui a oublié d’être idiot évite soigneusement toute référence idéologique marxiste et le jargon ridicule des communistes.
Il préfère faire semblant d’avoir inventé les solutions en 2022 ou à la limite autour d’une bière avec Jérémy Corbyn.Il reçoit en visite pourtant toute la crème de la 4e internationale trotskyste avant les élections.

Je me permets de contester cette présentation adoucie de son programme.

J’ai étudié le marxisme – léninisme à l’Université de manière obligatoire comme tous les étudiants de mon époque. Et j’affirme que son programme est une ‘marque blanche du marxisme’ et même souvent du trotskysme.
En 2021, la FT-QI (la 4e Internationale trotskyste active surtout en Amérique latine) publie un nouveau manifeste : « La catastrophe capitaliste et la lutte pour une organisation mondiale de la révolution socialiste ».
Le programme de Mélenchon en est largement inspiré.
Mais, bouche cousu.

Des solutions démocratiques de l’économie planifiée

Mélenchon promet de mettre en place des solutions démocratiques de l’économie planifiée par l’État et les solutions collectivistes, en corrigeant les bugs habituels de la doctrine révolutionnaire.
Le seul qui a compris comment corriger le tir du communisme et du marxisme s’appelle XI. Il a compris l’immense avantage du système communiste des pays de l’Est et aussi ses limites.

Après la correction des erreurs, Xi réussit une parfaite dictature numérique où 70% d’économie est dans les mains de ceux qui siègent au Parti communiste chinois et sont millionnaires et indéboulonnables. Il a laissé un peu d’initiative entrepreneuriale sous contrôle du Parti et un peu plus de consommation aux citadins de la classe moyenne. Mais, en se servant toutefois de millions d’esclaves d’une pauvreté terrible dans le pays des ouïghoures ou de ceux qui vivotent dans les provinces paysannes du nord et de l’est où personne ne va jamais. Qui seront nos esclaves à nous pour fiancer les erreurs de la planification et la bureaucratie d’État nupiste?L’Etat ne doit pas s’effacer.
Je considère même que l’État et l’Europe devraient avoir un rôle important dans l’impulsion des politiques économiques sur les sujets stratégiques et à long terme (climat, énergie, transport, habitat) . C’est-à-dire de fournir des cadrages de la planification et les incitations fiscales, des réglementations, les normes et des lois pour réorienter le marché qui snobe le long terme et les activités à faibles rendements. Je ne suis pas du tout un ultralibéral ou un libertarien.
La régulation et la réglementation ne signifient pas toutefois la possession des moyens de production, ni une dictée des plans quinquennaux de production du PQ et encore moins la définition des moyens pour atteindre des objectifs par une armée de fonctionnaires.
Exemple : La planification écologique dans le BTP, consiste à mettre en place et contrôler l’application de la loi ELAN et envisager même son durcissement progressif. Ce qui oblige le secteur de la construction à réaliser les prouesses d’innovation en matière d’économie d’énergie du bâtiment. Mais, c’est tout autre chose d’imaginer qu’on arrive au meilleur résultat en nationalisant Bouygues.

Mieux que le chaos capitaliste.

Sur Quora, mon jeune suisse qui s’appelait Antoine expliquait avec une logique imparable sa croyance à l’immense avantage de l’économie planifiée sur « le chaos capitaliste. Sa dialectique parfaite n’a pas été confrontée à cette mauvaise « mise en œuvre » de l’économie planifiée en Suisse. Je lui ai donc fourni des exemples d’application à creuser.
Il y a des décalages permanents entre la réalité et la théorie.
La théorie tient debout toute seule et fait élire les hommes politiques qui font rêver le peuple.
La réalité est sabotée par le fait que l’homme nouveau n’est toujours pas descendu du ciel. Marx le tient en otage sur un nuage.

Pourquoi la « planification démocratique » est-elle également un oxymore? Pourquoi finit-elle par un régime autoritaire de manière quasi automatique ?

La théorie d’Antoine :
«  La planification démocratique de la production permet de sélectionner quelle production est socialement et écologiquement souhaitable. Ainsi, contrairement au chaos capitaliste, on supprime le travail excessif en éliminant le travail qui sert à une production non souhaitable ou futile.

Résultat : un gain de temps libre pour les travailleurs. »

Dans une économie planifiée, il manque en permanence le PQ, sans doute un article de la production considérée comme futile. Visiblement, le planificateur de l’État, responsable de sa planification, calcule très mal la quantité prévisionnelle d’excréments par habitant. Du coup, chaque erreur de planification met en temps fou à être corrigée. L’habitant utilise en attendant le journal Pravda local, dûment découpé.
Ce qui par ailleurs permet d’afficher un nombre de ventes considérable du journal.

Bien. Je sais, c’est un peu léger comme argumentation.

Autrement : Dans une économie planifiée, il est possible effectivement de sélectionner ce que les usines produisent assez facilement.
Donc, faire des choix très dirigistes et comme le dit Mélenchon ‘piloter selon les besoins’.
Le problème vient de celui qui a ce pouvoir de décider de la production sans en gérer les conséquences. C’est un système idéal pour les mégalomanes.

Qui a la main sur la définition du besoin lorsque ce n’est pas le marché et l’offre et la demande?

Curieusement, cela se termine avec une veste au col mao avec pin’s obligatoire, érigée en symbole de modestie.
Un seul Starck, même sans talent, suffit pour définir le goût universel, la couleur, la forme, la taille et le nombre de la production des meubles, des vêtements. Un seul styliste pour tout pays, c’est aussi une solution radicale d’abolition de la société de consommation.
C’est d’ailleurs aussi le choix vestimentaire qu’adoptent toutes les armées du monde, on l’appelle généralement un uniforme.
Le goût douteux imposé est adopté par les dociles et les opportunistes pour se faire bien voir. Les réfractaires sont ainsi visibles, ostracisés et dénoncés, car ils osent porter un jean, symbole de leur déviance politique.
C’est la victoire de la laideur, du beige, du plastique, du nylon, du gris, du médiocre, du moche et du délateur avec pin’s.

Décider de la production revient à décider de ce que vous devez lire, penser et porter.

 « Grâce à la planification de la production en fonction des besoins, on supprime la publicité consumériste, ce qui permet de réaliser des économies.
Ces sommes pourront être intégrées à des activités économiques réellement utiles. » (Antoine)

Selon les  » besoins » comme dirait Jean-Luc !!!

L’avantage du tout État ou du tout « collectif » est que pour définir le besoin de manière démocratique, il suffit de connaître le besoin de la majorité.
Le référendum est aussi un excellent moyen de définit les besoins et d’assurer la satisfaction de la majorité. Après, il est vrai que demander l’avis sur tout, cela prend trop de temps. Ce sont donc des petits gris invisibles, des ‘planificateurs’ qui s’y collent. Ils proposent au chef de la planification et voilà.
Le réalisme dans l’art ou des comédies populaires sont tout de même plus populaires que le Rhinocéros de Ionesco.
Le gouvernement par conséquent sélectionne exclusivement des œuvres joyeuses, optimistes et supprime la publication de Rhinocéros et des livres de Kafka, trop tristes et déprimants.
La publicité est inutile, car on ne peut acheter, toujours selon le besoin de la majorité, que le dernier blockbuster populaire et le canapé beige assorti.
Cela fait des économies. Qu’on peut investir dans les activités bien plus utiles à la majorité de la population comme l’organisation des défilés militaires, la bière, la fabrication des armes et le hockey sur glace.
Si vous avez des goûts de la minorité, vous êtes un ennemi du peuple, vous êtes douteux et futile. Une élite à rééduquer.
La version encore plus simplifiée de la définition du besoin consiste à promouvoir le goût du leader, comme la coupe de cheveux de Kim ou l’architecture stalinienne.
Une tyrannie de la majorité reste une tyrannie.

Lorsque le peuple n’est pas content du résultat, il faut gérer la conséquence.

L’État décide aussi comment gérer l’usine de papier dans une économie planifiée. (Ou le Wifi et le réseau d’Internet aujourd’hui.)
Il peut ainsi octroyer le papier à une seule maison d’édition ou à un seul organe de presse précis pour stopper l’activité des opposants ou augmenter la diffusion de l’information du parti au pouvoir. Sans même les interdire.
C’est en cela que le planificateur de l’État peut considérer à juste titre que gaspiller le papier pour le PQ est « futile », car il faut produire naturellement en priorité le matériel pour la propagande du régime populaire.
Ensuite, l’État qui possède les moyens de production peut rééditer des milliers de livres scolaires pour reconstruire le récit national et y insérer les passages comparatifs sur Maduro, Lénine, Mélenchon.
Il peut publier massivement tous les auteurs dont le discours est favorable aux partisans de la révolution et à l’économie planifiée.
Et il finit par décider aussi comment vous devez penser tout court.
Antoine : « – La planification économique permet de supprimer les inégalités sociales, la rente managériale, et la rente actionnariale, en socialisant la propriété des moyens de production.

Résultat : la pauvreté est abolie. »

La pauvreté répartie.

La pauvreté est surtout généreusement répartie sans regarder le mérite ou le talent de chacun tout en préservant la classe affiliée au pouvoir. Les planificateurs économiques décident combien doivent gagner les gens selon les grilles ministérielles, en se servant toutefois en priorité dans le pot commun. Venezuela est un parfait exemple.
Les moyens de production collectifs ou administrés par l’état sont délaissés, car la notion d’investissement à court et long terme est abandonnée au profit de la redistribution immédiate.
Le pays devient le royaume des bâtiments éternellement sous l’échafaudage pour empêcher que les murs tombent sur les passants. Mais, cela ne se voit pas les premières années de l’étape de la distribution joyeuse.
Les moyens de production deviennent vite obsolètes dans un désintérêt général, lié à la responsabilité diluée.
La redistribution se tarit progressivement avec l’épuisement des ressources mal employées et mal gérées. Il n’ y a pas de sanction du marché, l’État décideur ne s’autosanctionne pas non plus. Il tue ou limoge de temps en temps un traître pour montrer qu’on a trouvé le coupable de la gabegie.
Dans l’indifférence générale, les moyens de production dépérissent, car personne ne gagne rien de plus, s’il s’en soucie.
Tout est perçu comme ‘une affaire de l’État’, une sorte de bien collectif abstrait dont l’administration est totalement désincarnée et passe par l’affichage d’un plan déconnecté de la réalité.
-Tiens, on dirait la PHP en France gérée par les fonctionnaires hors sol des agences régionales de la santé . En 2021, les administrateurs de l’hôpital à Marseille décident d’investir dans une salle de yoga pour « se détendre » alors que l’informatique ne marche pas, la cantine au sous-sol est digne de Dachau et personne n’a le temps de se détendre à part le service administratif qui décide des investissements, mais ne peut pas être viré pour incompétence. Il n’existe aucun lien entre les besoins du personnel médical et la définition des objectifs des instances administratives par l’État. Les services administratifs peuvent même cocher la case de l’objectif : « je m’occupe du bien-être et du stress au travail. « 

Remplir le plan!

Dans une économie planifiée, il est surtout important de trouver l’astuce qui permet de « remplir le plan », donc exploiter les moyens de production pour produire XY d’unités quantitatives de la chose sur la liste des objets essentiels et non ‘futiles’.
Dix mille chaussettes en nylon sont plus faciles à financer et à produire que 10.000 chaussettes en coton, va pour le nylon. Ce n’est pas l’acheteur qui manquera. Il sera obligé de porter le nylon faute de coton disponible. La chaussette en coton sera déclarée nationalement futile.
On ne s’embarrasse pas du marché, cette horreur capitaliste qui préfère le coton.
On cesse juste d’exporter, faute de débouchés dans les pays où le malheur du capitalisme préfère le coton.
Donc, plus de devises. On interdit de voyager et on n’achète rien ailleurs faute de moyens.
Cercle vertueux de renfermement, une souveraineté suprême imposée par une monnaie qui devient de facto inconvertible mais super stable 😇. Le royaume de nylon derrière des barbelés avec une monnaie de singe.

 La qualité, l’utilité réelle, la désirabilité du produit et du service n’a aucune importance.

Elle n’impacte pas les fiches de paie des administrateurs et des producteurs. Tout est vendu dans la pénurie, il n’y a pas de sanction du marché non plus. On ne peut donc toutefois presque plus exporter, car personne ne demande votre production sur le marché international.
Ce n’est pas complétement invivable de ne pas avoir le choix, de porter le même habit et d’avoir les mêmes meubles que tout le monde. Je confirme. C’est juste triste et morne. On se refugie dans autre chose, par exemple l’alcool qui est maintenu au prix très bas, selon les besoins.
L’aspect le plus pervers de l’économie planifiée est la destruction de la motivation, qui est le moteur de l’humanité.
On ne peut pas annihiler le désir, mais sans l’espoir de pouvoir l’assouvir sans un contournement des règles, il devient une frustration constante.
La motivation s’éteint ou trouve un chemin détourné, souvent illégal et lié à la corruption, le marché noir, le trafic, les systèmes des « hommes anciens » issus de la pénurie.
La diversité est naturelle, l’uniformité ne l’ait pas.

Nivellement par le bas.

Le second effet pervers est la disparition de la valorisation de la responsabilité.
Dans l’économie planifiée ou collectiviste, il n’est pas important de nommer les directeurs ou les responsables des unités de production coopératives pour leur compétence, leur leadership, le goût du risque, la capacité d’entreprendre et l’envie d’innovation, puisqu’on leur demande simplement de suivre le plan.
Tout est plus simple, on a besoin juste d’un gestionnaire mi- habile.
Au contraire, les passifs et dociles exécutants qui ne contrarient pas la planification par leurs idées farfelues sont parfaits.
Toute personne compétente et dynamique se voit donc déclassée et progressivement démotivée par un encadrement dont la capacité consiste avant tout à trouver les bons indicateurs et afficher la parfaite exécution du plan et des objectifs parachutés par le Ministère. Cela conduit aussi à la disparition d’innovation et de la créativité.
C’est en effet aussi ce qui se produit à l’hôpital public qui est en train de perdre les meilleurs éléments, totalement désabusés par le traitement que leur réservent les gestionnaires qui exécutent des plans régionaux de la santé selon les indicateurs qui leur sont propres : tenir le budget, la quantité des postes et pas les meilleurs éléments.
Ce qui est plus facile à mettre dans un plan chiffré. Puis, qui sont-ils pour juger de la qualité des diagnostics des médecins ? Autant prendre deux médecins pas chers venus d’ailleurs et non titularisés que de revoir le salaire du bon élément en fonction du marché ( quelle horreur, j’ai dit le marché!).
De plus, comment accepter qu’il gagne tellement plus que le décideur administratif ! La notion de rareté de la compétence n’est pas un sujet. Non mais quoi encore, la santé c’est une vocation.
Et après ? C’est l’effondrement. Nous sommes près du but. L’injection de l’argent ne changera pas beaucoup la situation. PHP est devenue une lessiveuse sans fond qui produit du nylon et veut en produire toujours plus criant que la santé n’est pas le marché.
Oui, on peut avoir des moyens de se faire rembourser par la collectivité nos dépenses et éviter de perdre cet avantage humaniste. Mais , le coût du personnel et des équipements dépendent du marché. Lorsque ce coût augmente, le déconnecter de l’indexation du marché environnant est mortel.
Un interne de 30 ans , 22 ans d’études, 70 heures de travail par semaine et le SMIG est une légère déconnexion de l’environnement du marché du travail entre autre. Mais, comme on ne valorise pas la rareté, c’est foutu d’avance de laisser un type de l’ARS, fonctionnaire à vie, de décider de la gestion du personnel. Son job est de tenir juste son objectif à lui, le budget issu du ministère. Comment faire est ensuite l’affaire de l’administration de l’hôpital qui est un tuyau déconnecté des soignants. On fait, comme on a toujours fait. Prier de ne pas inventer des trucs nouveaux. On est pas chez les capitalistes.
A casser et à reconstruire. Comme des usines des pays de l’est en 1989, irrécupérables à 90%. Il fallait toit reconstruire sur les décombres de la planification centralisée.

L’évaluation dans l’économie planifiée est un sujet rarement abordé.

Toute personne qui a vécu dans les grandes structures d’entreprises où règne la folie des grilles technocratiques d’évaluation Hay et des mesures par KPI de toute l’activité, sait aussi à quel point il est facile de gruger ce système et obtenir les pictogrammes avec que des bonshommes verts sans produire aucune valeur ajoutée réelle.
Il faut savoir juste correctement fabriquer les indicateurs en amont.
Plus l’organisation est grande, plus il est facile d’être bien noté tout en passant sa vie à fabriquer du vent sur PowerPoint. Mais, l’entreprise privée finit par le payer par la chute de son CA et se fait souvent doubler par des entreprises plus jeunes et dynamiques.
Lorsque l’État a la main sur les KPI an amont, sur les moyens de production et la communication des résultats, il peut remplir n’importe quel plan quinquennal.
Il peut afficher sa réussite qui devient au fil des années totalement déconnectée de la réalité vécue par la population.
On arrive à une situation à la Ionesco où le plan est toujours rempli et les magasins sont toujours vides.
Antoine – « L’économie planifiée permet de ne pas impacter écologiquement au-delà des capacités régénératives de la biosphère en sélectionnant un niveau d’activité économique soutenable : on règle la crise écologique. ».

Les économies planifiées ont provoqué les plus grandes catastrophes écologiques.

Car les décisions sont prises de manière massive et ultra centralisée. Le décideur éclairé de l’État est naturellement incapable de tout prévoir avec un seul diplôme, celui du nupisme en version accélérée.

Ainsi les économies planifiées ont asséché la mer d’Aral pour cultiver le coton dans toute la région en amont, ont décidé d’adopter la monoculture qui a détruit les sols, ont érigé les barrages monumentaux en saccageant les régions entières, détruisant tout équilibre de la faune et la flore locale, ont déversé les produits radioactifs et chimiques dans la mer et dans les sols sans aucune protection pour la population locale, ont laissé exploser la centrale nucléaire et nettoyer le dégât par les soldats non protégés.
Il manque un contre-pouvoir pour s’opposer à l’idée d’un génie écologique du Ministère. On ne peut pas contredire le planificateur élu démocratiquement au ministère de la Planification économique et qui détient en plus les moyens d’action !
Si les industriels doivent exécuter l’idée d’un ayatollah écologique incompétent, car ils ne possèdent plus leurs entreprises, ils ne se cassent pas les pieds pour innover.
Chacun finit par exécuter bêtement des idioties, massivement et vite. C’est comme cela qu’on garde le travail.
Si le marché capitaliste non régulé fait des dégâts sur la planète à cause de la cupidité des sociétés privées, les pires des décisions en matière écologique ont été prises dans les économies planifiées et totalitaires de manière massive, car les impacts des erreurs sont dramatiques à l’échelle des États et la recherche des solutions innovantes est abandonnée par les acteurs industriels qui ne sont ni décideurs ni moteurs.
Et surtout, il n’y a aucune sanction possible, car c’est l’État qui se jugerait lui-même.
Antoine : « – Dans l’économie planifiée, toutes les forces sont utilisées. Tout le monde œuvre en fonction de ses capacités et de ses souhaits, ce qui commence par le choix de formation.
Adrien s’enflamme : « il n’y a plus de chômage. »

Si tout le monde a un emploi, ceci ne signifie pas toutefois un travail utile produisant de la valeur ajoutée.

Il s’agit d’une redistribution des gains pour financer les emplois dont on peut se passer.
L’emploi dont on peut se passer est souvent une sorte d’occupation morne savamment répartie dans les administrations du pays.
L’Égypte de Nasser et des pays communistes ont mis en pratique le principe de l’emploi obligatoirement donné à tous en créant par exemple des centaines de milliers de postes ‘ administratifs’.
Cet emploi moyennement utile et artificiel ne favorise pas la recherche d’idées, crée de la bureaucratie. Car, on peut remplacer les idées par 10 personnes qui travaillent de manière inefficace ou augmenter le nombre de personnes qui tamponnent des papiers.  Tout le monde vivote dans une économie qui s’endort petit à petit.
Cela est encore très visible dans le nombre de ‘ fonctionnaires ‘ dans les postes ‘pour dormir’ mis en place sous Nasser en Égypte.
Les processus lents bureaucratiques émergent garantissant un travail à vie sur tous les étages des bâtiments.
Vous devez par conséquent attendre des mois avant que tout le monde fasse « sa part du travail » qui consiste à poser lentement le tampon sur un papier inutile et passer la demande au bureau suivant.
Dans un système de ce type, le bras cassé finit par gagner la même chose que le plus efficace et la motivation de ce dernier finit par s’émousser. Pourquoi ne faire plus de travail pour aucun avantage.
Les plus actifs qui voudraient malgré tout gagner mieux leur vie ajoutent ainsi au travail attribué par l’état un second emploi au noir pour arrondir les fins de mois. Et ils travaillent deux fois plus.
Ce qui contredit le point sur le ‘plus de temps libre’.
Par ailleurs, la population passe son temps libre à faire la queue devant les magasins vides à cause des erreurs des planificateurs qui gagnent le même salaire s’il calcule bien ou mal le besoin de PQ.

Liberté d’étudier selon le désir ou le besoin de l’Etat ?

Presque personne n’étudie dans une économie planifiée ce qu’elle souhaite, c’est même exactement l’inverse.
Car, si on planifie tout besoin, y compris le nombre de coiffeurs, de chanteurs et de grutiers selon le plan, il faut pratiquer des systèmes de quotas précis pour chaque compétence.
Dans l’économie planifiée, il faut pratiquer des sélections draconiennes à chaque étage de scolarité et les possibilités offertes reflètent une parfaite pyramide avec peu de places dans les études supérieures et très rares dans certaines disciplines.
Si le plan n’a pas besoin du métier x, pourquoi laisser des étudiants à faire ses études ?
Cette pénurie d’accès aux certaines études crée la corruption et les voies d’accès non officielles pour les enfants du pouvoir en place. Ainsi, une caste, une élite liée au pouvoir se constitue, mais pas en fonction de compétences, mais selon le statut politique des parents ou l’enveloppe versée au comité de sélection.
Tout système de pénurie crée immédiatement un système parallèle : corruption, marché noir, réseaux mafieux, clientélisme qui explosent.
« – La planification de l’économie contrairement au capitalisme et le marché permet de supprimer la recherche non socialement et écologiquement utile.

Résultat selon Adrien : cet argent peut être investi dans la recherche vraiment utile. »

Qui décide de l’utilité?

C’est-à-dire ? On demandera démocratiquement à la majorité de se prononcer sur l’utilité et la priorisation de la recherche de la physique nucléaire ?

Non, cela se décide donc entre quelques personnes experts ‘visionnaires’ parfois auto-proclamés qui sont nommées par le gouvernement. Et comment le gouvernement sait que le professeur Raoult n’est pas un escroc ? Il ne le sait pas. Nous allons nous soigner tous avec la chloroquine.
Puisque les entreprises privées ne peuvent plus décider selon la demande du marché et les idées de leurs chercheurs qui se recrutent par compétence finement recherchée et souvent par des pairs, allons-y pour la définition du besoin selon le gouvernement démocratiquement élu et ses experts ministériels qui on des avis éclairés sur tout et l’argent pour les mettre en œuvre sans contestation possible.
La réalité est que les gouvernements des économies planifiées ont trouvé surtout très utile toute recherche permettant d’alimenter leur puissance militaire et maintenir leur pouvoir en place.
Puis, dans un cercle fermé, à pratiquer les ventes lucratives de la production dans le cadre de leur mandat politique en matière des relations internationales.
Même avec rien dans les magasins, les milliards pouvaient partir dans la production des armes. Car, le marché mondial était toujours là et se fichait du design et de la nuance de la couleur kaki.

La planification de la fabrication des balais, un grand succès commercial.

Dans les pays de l’économie planifiée et du collectivisme, la principale source dedevises étrangères résidait dans notre know-how en production d’armement.
Et là, le gouvernement a trouvé une belle motivation pour produire ce qui non seulement assurait leur place pour longtemps à l’intérieur du pays, mais représentait une manne financière à répartir entre les fidèles.
Le fleuron de l’industrie tchèque fut la manufacture d’armes nationalisée en 1948 à Ceská Zbrojovka Brno, née en 1919 par absorption de la branche armement légère de Skoda.
Elle fabriqua des pistolets puis seulement des fusils militaires et mitrailleuses exportés en grand nombre dans le monde entier. Elle était la rare usine qui rapportait des devises grâce surtout à cause du légendaire fusil d’assaut automatique samopal VZ 58.
La conception de cette fameuse arme VZ 58 a été confiée à un ingénieur tchèque en 1956, mais comme les Russes exigeaient une standardisation de la production au sein du Pacte de Varsovie, il fallait adapter le chargeur au chargeur russe 7.62x39mm.
L’arme a reçu comme surnom « le Balai » à cause de ce chargeur pas très élégant. Mais la production a duré 25 ans et l’usine de Brno en Moravie a en fabriqué plus de 900.000 pièces de ce modèle jusqu’à 1984.
L’usine a équipé non seulement les pays du pacte de Varsovie, mais évidemment aussi le Cuba, les « pays frères communistes » et toute rébellion et tout crépuscule de lutte anticapitaliste en Afrique et en Asie.
La liste des utilisateurs de VZ 58 est intéressante, car elle montre directement la géopolitique de l’époque et nos échanges fructueux pour transformer le monde en un vaste territoire d’avenir radieux communiste comme chez nous.
Si on regarde la liste des utilisateurs de cette arme avec le recul, on peut constater qu’on a surtout réussi à alimenter les rebellions sanguinaires de manière assidue pendant une bonne trentaine d’années, mais pour un résultat toujours pas probant.

La liste des principaux clients « équipés » de VZ58 était (comme pour le AKM russe de l’époque) par exemple :

Afghanistan, Angola, Biafra, Burkina Faso, Congo, Cuba, Chypre, Eritrée, Ethiopie, Guatemala, Guinée, Inde, Irak, Lybie, Mozambique, Somalie, Tanzanie et Vietnam.

Parmi les clients « non-gouvernementaux « ISIL, front de libération islamique MORO, les paramilitaires du nord de l’Irlande, les peshmergas de Kurdistan et l’armée maoïste de Philippines NPA.
Je constate aujourd’hui que cette industrie n’est pas morte, vu les exportations et les dons partant vers l’Ukraine, même si les modèles ne sont plus les mêmes.
Voilà donc pour l’exportation des balais tchèques auxquels nous ajoutions en bonus pour chaque client un pain du Semtex de Pardubice. La ville connue aussi pour la fabrication du pain d’épice !