Le revenu universel, le RU pour les intimes….
LE REVENU UNIVERSEL, le sujet HYPE des prochaines élections, comme en 2017.

Avant de se faire entuber par cette promesse électorale par quelques magiciens, je me suis posée un peu pour analyser le budget de l’Etat en France et des différentes hypothèses de calculs existantes.
Pour comprendre ce qui y a derrière ces belles paroles.
Le sujet ne peut pas être déconnecté des thèmes de la nouvelle vision du travail, des formes automatisées de production, de la création de valeur par l’économie numérique, de i-économie et du deap learning. De ce monde qui nous entourera de plus en plus et privera une partie de la population du travail.
Il mérite donc qu’on le regarde avec attention.

Les PROS et CONS et les sectes

Je vais présenter le sujet en deux parties : la vision POUR le revenu universel des vrais adeptes, mais qui le lient avec les conditions d’évolution de nos sociétés dans un timing progressif de mise en œuvre, puis également, la vision POUR « bullshit » de ceux qui rêvent debout ou embobinent l’électeur.
Car il y a des adeptes à la fois parmi des ultra-libéraux que parmi les ultra-gauches, pour des motivations différentes, les deux calculent peu. Et des contre parmi ceux qui calculent et rationalisent et des moralisateurs qui ne comprennent pas la logique du “gagner l’argent sans effort…”

Voici 3 liens intéressants pour compléter la lecture :

1. Un article d’Yves Caseau ‘, gonflé à bloc à son retour de Singularity University.

Ceux qui ne connaissent pas, c’est la Mecque des trans-humanistes, strat-upeurs, technophiles et des golden boy du numérique créée par Ray Kurzweil (Google) le grand guru mondial des ‘technologies exponentielles et des grands ‘défis de l’humanité’.
Ce qui est bien, c’est que Yves Caseau donne une vision finalement très juste de ce modèle économique prospectif qui aboutit à la notion du revenu universel quand le travail actuel se meurt.
Il n’a pas le défaut de sortir cette mesure du contexte global, ce que font souvent nos hommes politiques en France. L’article pointe vers de nombreuses sources, intéressantes à lire. http://organisationarchitecture.blogspot.fr/…/le-futur-du-t…

2. Le budget actuel de la France

Il est nécessaire à l’analyse au regard des montants farfelus qui circulent. Il est disponible intégralement sur le site de l’INSEE et téléchargeable sur Excel : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1373683…

3. Lien vers le modèle LIBER, qui est le dernier calcul du modèle des économistes français, pensé avec les données de la France, ce qui est très utile : https://www.generationlibre.eu/…/…/05/un-LIBER-pour-tous.pdf

Partie 1. Les vrais adeptes inconditionnel du revenu universel : “il faut donner et voilà”

Ceux qui sont POUR adulent en réalité, parfois sans le savoir, les idées de Kurzweil, d’un ultra-libéral, mais chez nous, curieusement et généralement votent à gauche.
Comment c’est possible ? Ont-ils fréquenté comme l’auteur de l’article la Singularity University ou simplement ils rêvent et refusent de voir ce que implique la distribution d’un revenu universel comme modèle de société?
Je crains que ce soit la seconde réponse.

Milton Friedman, le pape du libéralisme a déjà théorisé ceci en 1962 en tant que ‘filet sécurité ».
Mais depuis, en mode HYPE, c’est la dernière trouvaille à la mode de Silicon Valley pour résoudre le gros souci qui se pointe à l’horizon.

Le monde se sépare en deux classes : les ‘cyber-habiles très bien payés’ et les ‘largués’ dont le métier disparaît sans remplacement visible.
Car la révolution numérique détruit plus d’emploi qu’elle crée et ça c’est une certitude : 40% -47% des métiers actuels selon les sources.
Le livre « The Second Machine Age »( Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee) va vous convaincre qu’une nouvelle vague d’automatisation arrive à grand pas, avec une accélération spectaculaire lors des dernières années de ce qui est possible.
Par ailleurs, la mondialisation et la numérisation conduisent à la concentration, car cette économie favorise l’économie d’échelle et avantage des gros joueurs (c’est Amazon et Alibaba qui démolit irrémédiablement le commerce de gros, de revente, à grand pas).
La mondialisation et la numérisation se nourrit par la capacité exponentielle de l’automatisation, et ceci détruit les emplois.
Le phénomène nouveau, ce sont aussi les emplois des classes moyennes et des personnes avec une formation supérieure.

Blade Runner demain? Non, l’économie Quaternaire.

Que va-t-il se passer ? Comme dans les films de science-fiction : va-t-on voir les humains séparés en deux clans ? Une élite cyber et techno habillée en combinaison blanche et une populace derrière les murs en haillon ?

L’élite cherchant comment calmer le jeu pour ne pas se faire reverser par les hordes affamées…

Voilà l’idée d’un revenu universel et les activités écolo! Sur les lopins de terre autour des cabanes la possibilité de cultiver les carottes, de faire de temps en temps la vente d’un collier de perles branché et de s’amuser avec les lunette 3D ?
Le retour à la terre et à la cueillette de proximité sont largement promus.
Sans blague, nous ne sommes pas si loin de cette logique dans la théorie de Singularity où le travail devient une denrée rare et il faudra naviguer entre les micro-jobs de « mise en relation » ou d’avoir la chance d’être un fameux expert en sécurité informatique.

Selon Neil Jacobstein, on y est réellement d’ici quelques décennies. Le revenu universel est donc une solution pour faciliter la transition vers « l’iconomie » ou ce qu’on appelle aussi l’économie Quaternaire.

Le RU version économie sillicon-valéenne:  Universal Inclusive Contribution 

RU libéralLe revenu universel, c’est donc pour tous et ce n’est pas la protection sociale à la française pour ceux qui ne travaillent pas. Car il n’y a aura plus de travail pour tous et certainement pas à plein temps. Non, c’est aussi et surtout pour ceux qui travaillent, mais ne gagnent plus assez.
c’’est le concept : « je te donne un peu et ton job mal payé Uber ou ta passion de fabrication de colliers de perles complétera le reste ».

Plus sérieusement, on parle de « Universal Inclusive Contribution », chacun participe et contribue à la collectivité par un travail, en dehors du statut de salarié, avec les projets qui se renouvellent fréquemment, où on se forme aussi en permanence.

Car les méga-plateformes mondiales conduisent en réalité à l’émergence à la frontière de petites opportunités de jobs locaux, souvent au niveau d’interaction humaine. Mais une grande partie de ces activités n’étant pas suffisamment rentable, le revenu universel va compléter…

RU dans le monde des pico et mega entreprises

Les emplois de ‘production’ et de ‘transaction’ vont être décimés par la robotisation et l’intelligence artificielle et ne resterons que les domaines ‘d’interaction’ (métiers à registres émotionnels, affectives, artistiques, de story-telling…). Si aujourd’hui nous comptabilisons 25% de comptables au chômage, car le logiciel de compta fait mieux le travail…ce sera demain pour tous les autres métiers la même chose…

Le revenu universel est avant tout une conséquence d’une société qui libère le travail totalement des cadres rigides actuels, où la formation professionnelle continue est une quasi obligation, où le chômage est une exception, mais des travailleurs-entrepreneurs indépendants et des ‘pico-entreprises’ se multiplient… et ça, nous en sommes bien loin en France.
On vient de condamner lourdement ce mois-ci l’équipe française de Hitch. Bientôt, on va introduire la machine à vapeur à la SNCF et réintroduire le Minitel.

Le monde des réfractaires au RU

Ceux qui sont Contre se retrouvent dans le livre « Enough With This Basic Income Bullshit » de Nicolas Colin qui dénonce cette mode du revenu universel sans savoir de quoi on parle et des conséquences et conditions.

Il est clair qu’on risque de se tromper lourdement, si on croit pouvoir adopter le revenu universel  en France, sans aucun lien avec le modèle de l’ i-économie mature, en croyant de pouvoir l’empiler sur notre système de protection social actuel et sans toucher au code du travail.
Et tenir comme un village gaulois sans rien changer. Il faudra vraiment inventer une potion magique et c’est un peu ce que racontent certains de nos hommes politiques qui se fichent visiblement des générations futures…

Partie 2 : Les PRO, mais ceux qui ne comptent pas l’argent

L’idée de revenu universel se trouve désormais brutalement transposée chez nos hommes politiques comme une promesse électoral miracle : Manuel Valls et certains verts, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, et à droite, Christine Boutin, Dominique de Villepin, Alain Madelin et Nathalie Kosciusko-Morizet….Quelle unité de pensée? Non, des visions totalement incompatible utilisant le même mot ‘politiquement porteur’.

Grosso modo tous ceux qui n’arrivent pas à trouver comment se faire élire très vite où qui essaient simplement rendre les autres candidats impopulaires…Ils ont trouvé la promesse miracle !

Et comme ils sont nombreux, ils font en plus dans la surenchère chiffrée, on dénombre des promesses allant de 450-800-1200 euros par mois,qui dit mieux.

Comme la “flat taxe” fiscale, ça s’explique super bien en une phrase…mais ça ne se finance pas du tout…

En tout cas, pas encore dans l’état actuel de notre pays, de notre économie, de nos endettements, de notre rigidité et de notre système social et législatif.

Les impacts négatifs possibles dont il faut être conscient

Ce qui est absolument contre-intuitif, c’est que cette démarche ferait en réalité grimper les inégalités immédiatement pour des populations très larges, non actives, âgés en premier.

Emmanuel Valls utilise par exemple le terme à la mode RU pour dire autre chose qu’un RU.
Il ne propose pas en réalité un revenu universel, mais le regroupement à des fins de simplification des allocations et des minima sociaux pour en faire un package unique, à l’instar de RSA.
Donc un RU, c’est pour ceux qui ne travaillent pas = une allocation unique payée encore et uniquement par les actifs.
Ce qui posera justement le souci quand la population active n’arrivera plus à financer les inactifs et les retraités et les chômeurs, car le travail se fait de plus en plus rare.
Ce n’est pas du tout l’idée d’un revenu universel, mais juste un regroupement d’aides actuelles qui de ce fait plafonnent vites et alourdissent le budget de l’Etat déjà déficitaire.
De plus, à force de voir les pans entiers d’activité disparaître sans rien changer par ailleurs, quelle perspective d’amélioration ?
Aucun changement du modèle actuel en réalité dans cette vision du sujet,  c’est juste une aide sociale universelle sous un nom plus HYPE. Wait and see…les enfants vont se débrouiller plus tard avec nos dettes.
une approche technocratique de ‘regroupement du bazar actuel des aides ‘et cela fait l’affaire’.

Les autres adeptes proposent donc un vrai revenu universel, mais payé comment ?

Il y a deux courants, le soft et le hard.

La version soft des calculs est une allocation universelle payée par l’impôt sur le revenu tout aussi universel, mais qui ne tue pas l’assurance chômage et la retraite à la française et la protection santé…et c’est un crédit d’impôt en réalité, une sorte de “CICE de particuliers”.

Le chômeur actuel garde son chômage actuel et le retraité sa retraite actuelle. En France, les gens qui ont beaucoup cotisé, ne vont pas être donc spoliés pour recevoir d’un seul coup juste le revenu universel. Lequel, comme on va le voir ne pourra pas être très important.
Oui, car on ne dit pas aussi que le RU dans certaines options des politiques remplace votre retraite…Sinon on ne trouve pas l’argent pour payer…
Cette version SOFT a été calculée par Basquiat et Gaspard (modèle LIBER ). https://www.generationlibre.eu/…/…/05/un-LIBER-pour-tous.pdf.

En 2014, ceci donnait 450 euros par adulte et 225 euros par enfant contre une taxe fiscale universelle sur le revenu de 23% sur 1400 milliards de revenus imposables (32.5 millions de foyers sociaux).
A cela, il faut ajouter 12.5% pour financer l’assurance maladie, cela fait 32.5% d’impôts pour tous et à ajouter pratiquement à l’impôt actuel des imposés. Et il s’agit en réalité du crédit d’impôt…Car ce niveau de revenu universel coûte environ 320 milliards et l’Etat ne peut pas les débourser à priori (peut-il les perdre à posteriori ? non plus).

Concrètement, tout adulte se verrait attribuer un crédit de 5.400 euros par an, en déduction de son impôt. Si un foyer fiscal doit payer a priori un impôt sur le revenu de 10.000 euros, par exemple, avant mise en œuvre du « Liber », la facture ne serait plus que de 4.600 euros, après coup. L’Etat n’aurait donc pas à débourser 320 milliards d’euros par an : seuls les individus non imposables recevraient des espèces sonnantes et trébuchantes, à hauteur de 450 euros par mois.

En France le seul modèle travaillé sérieusement est ce modèle qui égalise le transfert, géré par le crédit d’impôt. C’est donc en effet une sorte de CICE pour les particuliers qui travaillent.

450 euros qui comme chacun sait ne permet pas de vivre décemment, se reconstruire un avenir…mais ceci assigne aussi à la résidence ceux qui ne trouvent plus le travail aujourd’hui et ne permet pas de redémarrer une économie. Pire, ça risque de la démolir.

L’argent vient d’où :

32.5% d’impôt sans exception s’ajouterait à l’impôt actuel.
Et c’est là où il y a un petit souci, car si les gens ont râlé pour la fiscalité sous Hollande, là on serait carrément dans la confiscation avec une augmentation de minimum de 1.25 fois du taux actuel.…
La classe moyenne supérieure et surtout les statuts non-salariés, n’auraient plus du tout l’intérêt de travailler en France et comme c’est la population dont on a besoin et qui est la plus mobile, il faudrait l’enfermer en France et lui interdire d’aller ailleurs.
Je ne vois pas les cadres et indépendants actifs et les jeunes diplômés rester en France avec encore plus d’impôt à payer pour prendre les risques et travailler dur…quand juste de l’autre côté de la frontière pour le même travail on aura beaucoup moins de taxes.
Au final, personne ne serait content. Les retraités auraient contribué encore plus que les actifs, les indépendants plus que des salariés…mais aussi des chômeurs un peu plus, pour avoir moins. En réalité, dans ce système se sont aussi des chômeurs et des retraités les perdants.

Les magiciens de RU : le Hard-ru

Mais, il y a des magiciens qui promettent encore bien plus, car c’est plus valable électoralement parlant. Mais comment font-ils alors quand qu’on est au taquet à travers la fiscalité avec 450 euros?

La version hard alors, où on souhaite un versement d’un revenu à tous, mais en se substituant à la quasi-totalité des autres prestations sociales.

Car, si le revenu universel, de 450 euros par mois et par adulte, c’est 320 milliards par an, et il faudra donc 900 Milliards pour donner 900 euros. Il faut savoir que le budget de la CAF (petite enfance, allocations familiales, aide au logement, handicap + RSA et RMI), c’est seulement environ 78 milliards. Il faudra donc puiser dans le système social actuel de la dépense maladie et des retraites.

Le moyen de donner plus est de mettre en pièce nos budgets de la sécu…Et ce n’est pas très social et drôlement difficile dans un pays où la population plus âgée a de plus en plus besoin de soins.
Le budget de l’Etat de 1 242 Milliards contient 535.5 Milliards pour la protection sociale et 178.2 Milliards pour la santé…
Il en a qui ont vu tout de suite, que c’est icic que se niche  “la dernière réserve possible” du financement du revenu universel supplémentaire au-delà du seuil de 450 euros.

On imagine que dans un pays où la retraite par répartition signifie que personne n’a sérieusement capitalisé pour se construire son revenu pour les vieux jours, tous les Français devenus inactifs qui ont cotisé toutes leur vie seraient bien spoliés, surtout ceux qui vivent seuls.
Comme les chômeurs, car ce revenu, une fois en inactivité n’est pas encore suffisant…En réalité, de ce fait, le nombre de foyers pauvres serait explosif ! Pas vraiment une idée qui séduit.
Une fois les impôts passé à un seuil maximum, la version hard casse donc cruellement tout le système de protection social actuel.

Expérimentations pas facile à reproduire :

Il faudra suivre l’expérimentation finlandaise d’un gouvernement actuel de droite, mais qui s’accompagne justement des mesures de fluidification du marché de travail, favorisant le travail fragmenté, partiel, temporaire…tout le contraire des habitudes françaises.
On voit donc bien qu’il n’y a qu’une seule logique : il faut une contrepartie de création de valeur qui recrée la valeur ajoutée pour redistribuer au-delà de l’année 1 le RU…
La contrepartie du revenu est ce fameux travail ‘inclusive partiel’.
La mesure en Finlande coûte 46.7 milliards à l’Etat contre 50.43 milliards de dépense sociale remplacée et représente en théorie un bénéfice pour le budget de l’Etat. Comme on le voit, ce n’est pas le cas en France, vu notre niveau de dépense.

La logique est très différent dans les pays anglo-saxonne d’où vient le modèle ou la retraite est une affaire individuelle et où les gens savent qu’on ne peut pas se soigner sans argent…

Donner un revenu universel dans un pays où la mutualisation des risques collective est faible, n’est pas la même chose que donner une revenu universel dans un pays comme la France qui a un budget d’Etat 1.200 Milliards dont plus de 700 Milliards pour la protection sociale incluant les appareils médicaux, services ambulatoires, hospitaliers, de santé publique, de maladie et invalidité, de minima vieillesse, de gestion des survivants et de chômage, d’aide au logement et de lutte contre l’exclusion sociale etc.

La question est donc : de quoi parle-t-on vu le modèle social français en place?

jusqu’où va-t-on dans la remise en cause, la suppression pour parler clairement, des prestations sociales que sont les retraites, les allocations chômage, les allocations logement ? Lesquelles conserver ?

Ceux qui disent qu’on donne un revenu et on garde tout le système de protection français, sont des démagogues dangereux qui ont oublié le calcul élémentaire.

50 ans de discussion autour de ce sujet en France, on en ait encore aux hausses des impôts irréalistes ou à des coupes dans les prestations sociales à effet néfaste…qui va négocier cela ?

Conclusion : à suivre avec attention

Le modèle réel  vient des théories américaines du transhumanisme.
Il passe par la transformation progressive du travail et par le progrès technologique très avancé, destructeur des emplois actuels et par un accompagnement dans la mise en place des milliers d’emploi ‘en marge’ d’un nouveau type qui sont utiles à la société au niveau local.
Ces activités pourraient être même intéressantes et agréables pour les gens, mais ne permettant pas l’autofinancement du coût de la vie à 100%.

Le modèle s’accompagne d’une modification majeure des relations de travail, de la flexibilité maximale, de la fragmentation des emplois.

Conclusion : Doit-on parler de l’économie inclusive ou l’exclusion massive?

Va-t-on ver une période de démagogie électorale et de gestion des frustrations majeures post-électorales, si les électeurs n’acceptent pas une voie de réforme à marche forcée ?

Le malaise actuel est c’est la conséquence d’une extrême concentration de moyens liée à la mondialisation dans les mains de quelques grandes entreprises mondiales, c’est la « domination des plateformes » (Amazon, Facebook, PayPal, Alibaba, Uber).
L’économie numérique, l’automatisation, l’intelligence artificielle détruisent plus d’emplois qu’elles en créent et donc conduisent à l’appauvrissement massif des populations de classes moyennes qui représentaient le socle stable de nos démocraties du 20ème siècle en Europe.
Or, c’étaient toujours les classes sociales moyennes qui ont conduit à des mises en place de régimes autoritaires pendant les périodes de forte angoisse de déclassement social.
Si on veut éviter le passage par les régimes autoritaires, comme c’est déjà en courts dans de nombreux pays, on ne peut pas continuer à promettre n’importe quoi aux gens. Il faut réformer sérieusement le pays au plus vite.

Il y a ceux qui proposent de mettre en pièce la protection sociale,  libérer le travail, mais au prix d’une violence sociale et dans un climat qui ne favorise pas la jeunesse et l’innovation . Il y aussi ceux qui doivent s’acheter une calculette ou cesser de fumer.

Le salaire universel est peut -être une défense contre la paupérisation et la polarisation des exclus. Qui éviterait l’affrontement contre la disparition du travail, induite par la destruction des millions d’emplois et métiers qui est déjà en marche…

Sauf qu’on ne peut pas mettre la charrue avant les bœufs…
Donner ce qu’on n’a pas du tout.
Il faut déjà libérer les règles pour faire naître ces milliers de jobs ‘en marge’ pour que le salaire universel complète la misère qui nous guette. Sinon, on n’entrera pas dans cette économie ‘inclusive’ et on restera ‘exclus’ définitivement.

Ces choses pas du tout populaires…

Il faut cesser protéger les CDI et d’autres inventions du temps de l’économie industrielle et cesser de manifester pour le passé….
Il faut en réalité renouveler le dialogue social à un niveau réel, au sein des entreprises et pas au niveau des instances nationales déconnectées de la réalité.
Il faudra se battre au niveau européen pour faire payer les taxes aux GAFA, et ce ne sont pas les politiques qui démontent pièce par pièce l’Europe qui vont le réussir.
Mieux, il faut fabriquer nos GAFA en Europe et cesser de critiquer les entreprises françaises qui réussissent et paient les taxes en France.
Nos élus les plus démagogues ont retenu que la promesse magique : on donne à tout le monde un salaire universel et on verra ensuite pour le reste…

Mais, tout en protégeant les CDI, la sécu, la retraite par répartition? Cette promesse, sortie du contexte, sans la logique globale va faire un tabac électoral et un grand PCHIT après…
Qui ne voudrait pas plus l’argent sans effort et sans rien changer! …

Sortir du financement que par l’impôts?

l’impôt est le premier acte de mutualisation de richesse et d’obligation civile.

Et désormais, nous devrons progressivement reformer et déconnecter le socle de protection uniquement des cotisations des salaires dont le nombre diminuera.
Le financement par les impôts n’est probablement plus tout à fait la seule solution.
Selon Jean-Marc Ferry, il faudrait utiliser également les flux financiers ou une taxe légère sur les flux financiers…

Le volume des transactions financières en Europe ne concerne en réalité que entre 2-3 % l’économie réelle.
Mais les flux financiers ne dépendent pas que de la France…et il faut réussir aussi à attirer les capitaux, sinon on aura plus d’entreprises en Europe …

Le chemin sera semé d’embûches et d’incompréhension populaire

Le fait d’étatiser de facto l’assurance maladie et le chômage en la déconnectant des salaires et la finançant par la CSG, était une très bonne idée, pas comprise. C’était un premier palier vers une logique assurant à terme le modèle social qui ne peut plus dépendre uniquement du travail salarial qui sera rare, mais transformée en une véritable garantie de l’Etat à vocation sociale.

Le financement par une taxe du capital de 1.7% va aussi dans la bonne logique.
Et il est plus logique d’augmenter la CSG que la TVA.

Plus on déconnecte la protection sociale, du socle universel du travail salarial, plus on pourra envisager plus tard que ce socle universel de protection serait complété par un revenu universel.
On fera toujours payer un peu plus les retraités et les plus riches, mais sans tomber dans l’expropriation, la spoliation et la confiscation qui a toujours réussi simplement à détruire les économies et encore plus dans un monde ouvert.

Ce que décrit le premier article d’Yves Caseau est probablement un monde vers lequel on va à l’horizon de 15-20 ans…et donc il faut se former, préparer, entraîner, réorganiser la vie, comme un sportif de haut niveau.

Ne pas mettre la tête dans le sable et faire les incantations.
Réforme progressive pour libérer toute sorte d’activités, toute sorte d’initiatives et une souplesse et priorité absolue pour la formation permanente, une ouverture d’esprit sur les modalités nouvelles de travail, une Europe forte qui se défend contre les plate-formes mondiales américaines et qui est capable d’en créer, des conditions pour garder et motiver nos meilleurs cerveaux en Europe.

Ou les haillons, cabanes en bois et carottes, derrière les barbelés.
Personnellement, j’ai toujours eu un potager, donc pas de souci en ce qui me concerne. Je mettrai des poules en plus.