JALIMPUISSANCE

JAL ? Pas l’excellente compagnie aérienne japonaise, mais la nébuleuse préhistorique qui se nomme Journal d’annonces légales !
Lorsque je dois publier un texte concernant la moindre petite modification de la société, un simple paragraphe de statut modifié, après avoir passé deux heures à adresser au Greffe tous les documents justificatifs, il reste une dernière obligation délicieuse : le JAL.

Et la douloureuse à la ligne. Pour deux paragraphes de modification de mes statuts, je viens de débourser 200 euros. C’est moi qui écrit, c’est moi qui remplit le formulaire et c’est encore moi qui paie.

Puis, c’est encore moi qui depuis le 9 mars passe des heures à réclamer par mail et par téléphone mon certificat qui n’arrive pas et qui bloque ma démarche légale auprès du Greffe. Nous sommes le 11 mars, je n’ai toujours rien reçu.
Rien malgré le ‘supplément ‘ de 10 euros pour un traitement « en urgence » sous 48 heures.

Rien ne m’émeut davantage lorsque je ne sais pas à qui casser la cloison nasale.
Lorsque je dois subir en silence une absurdité administrative préhistorique qui me fait perdre du temps inutile et pour laquelle je dois payer un tarif absurde.
Cette impuissance me met proche de l’état mental d’un terroriste qui à défaut de pouvoir designer un responsable de sa haine, pose la bombe de manière arbitraire dans la rue passante.

Car, il est impossible de lutter contre cette nébuleuse orwellienne de lobby local, cette bande d’amis des Préfets et des notaires qui financent ainsi les groupes de pression variés et principalement agricoles, afin d’éviter qu’on déverse le purain devant leur portail.

KESAKO cette nébuleuse de lobby local de la chèvre et du porc qui me fait perdre mon temps et pique mon argent ?

Il existe donc encore en 2018 une presse « judiciaire spécialisée dans la publication des annonces légales. » En réalité, il ne s’agit pas du tout d’un moyen de soutenir la presse écrite locale sérieuse avec de vraies rédactions, ça c’est de la foutaise.

Nous sommes principalement des otages des régies comme celle de la presse hebdomadaire régionale (PHR), du groupe de presse Réussir SA.
Membre éminent de la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée via Le Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR). Dont le secrétaire général adjoint est évidemment Michel COLLONGE qui est aussi le directeur des publications de Réussir SA.

Ce groupe de « presse » typiquement français « spécialisé dans l’agriculture », éditant 52 titres et couvrant 72 départements est remarquable dans sa rentabilité « journalistique » exceptionnelle pour un journal comme L’Agriculteur de l’Aisne et des ‘publications sectorielles : Chèvre, Vigne, Pâtre, Fruits & légumes, Porcs ,Lait, Bovins .

Le principal bénéficiaire des publications légales est en effet la grande machine à fric RAPLD : Réussir SA , des Amis des Préfets et Lobby Agricole.

Comme l’exprime pudiquement sur son site JAL « ‘il existe des enjeux et projets visant à dématérialiser la publicité légale ».

Mais, je me permets d’ajouter : ces ‘enjeux et projets de dématérialisation’ ne sont pas du goût des lobbys des betteraviers de l’Aisne.
En réalité, tout est déjà 100% dématérialisé et en ligne, mais on continue à payer cher en supplément la ligne imprimée dans un torchon pour ma poubelle à papier. Et pour le Greffe compatissant avec la main voleuse.

Comptons un peu : 

Au niveau national, le groupe Réussir c’est donc 213.000 parutions hebdomadaires pour un total de 52 titres’. Une paille. Soit en moyenne une petite pile de 3000-5.000 feuilles de choux par département/semaine.
Dans l’Aisne, c’est le papier qui encombre parfois vendredi ma boite à lettre avec les dépliants de la supérette du coin et des vendeurs de tracteurs.
La principale rubrique du « journal L’Agriculteur de l’Aisne » est la présentation des tracteurs, sponsorisée par des fabricants, rubrique nommée astucieusement « Tests de produits et de machines agricoles », puis, comme la loi indique, 30% de la surface dédiée aux fameuses annonces légales, cher payées.Un joli budget à 200 euros le petit pavé, net de frais et net de travail d’une quelque rédaction invisible.

Ces « 40 éditeurs » situés dans les départements » se ménagent un formidable accès à la gamelle. Ce sont des groupements de pression agricole qui se passent bien des lecteurs. Il suffit de bourrer les boites aux lettres avec leurs ‘dépliants illisibles’ intitulé Journal. C’est toute leur l’obligation en réalité pour se faire financer grassement sur notre dos.

On demande juste de respecter le nombre précis d’exemplaires ‘diffusés’ selon le nombre d’habitants du département. Aucune contrainte quantitative du nombre d’exemplaires payés par abonnement, quelques amis suffissent.

On se partage le grand gâteau national grâce à un petit comité local représenté par 3 personnes ‘éditeurs’, le Préfet et un notaire qui décident chaque année des « bénéficiaires locaux » de cet impôt déguisé des annonces légales.

Réussir SA se passe du journalisme et du service aux payeurs, mais pas de l’argent des entreprises pour fabriquer le vide et se payer la tête de tout le monde.
On compte sur le fait que le payeur ferme les yeux et surtout ne voit rien.
La publication dans JAL est faite en réalité dans les entreprises dans 95% des cas via les avocats ou comptables ou notaires qui justifient aussi les factures. Rares sont les chefs d’entreprises qui le font eux-mêmes, comme moi. C’est la facture globale d’une assemblée, d’une fusion, d’une augmentation de capital faite par un avocat qui en cachera le coût.

Finalement tout le monde se soutient dans cette gabegie généralisée de financement de lobby obscure agricole et de technocrates des fédérations de presse pour rien produire d’utile et faire payer les entrepreneurs.
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Un sujet de défense de la presse ?

Le montant de 200 euros, c’est le prix d’un abonnement numérique annuel pour le Monde ou la Croix avec de vraies rédactions.
Certainement pas le prix à payer pour le Non-service et la Non-rédaction du Journal l’Agriculteur de l’Aisne au forceps.
La numérisation ?
Sur le site de JAL, il existe déjà l’accès au texte avec une recherche multicritère qui permet de trouver la dernière publication légale directement et ‘publiquement’…Donc la numérisation est faite.
Mais, soyons clair, qui aurait été capable de savoir que le X mars 2018, j’ai publié dans le Journal de l’agriculteur de l’Aisne un passage de mes statuts ? Dois-je payer pour cela le prix annuel d’abonnement au Monde ou à la Croix ou au Figaro ?

Last but not least :
Quand cessera-t-on financer les groupes de pressions locales de cette façon hypocrite avec des méthodes digne du 18 siècle ou tout simplement dérouler le tapis rouge à la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS) composée du Syndicat national de la presse agricole et rurale (SNPAR) avec six autres syndicats de cette presse si bien financée au forceps (SPS, SPPRO, SPMS, SPEPS, SPEJP, SPCS).
Une nébuleuse au financement indirect, dépourvue de toute qualité journalistique.
Ceci ne profite ni à la qualité de la presse spécialisée, ni à la justice, ni aux entreprises.