G20 2017 et le RER

Il est toujours intéressant de lire la presse locale dans un petit pays de l’Europe qui a l’habitude d’observer les événements du monde avec le recul inquiet, car qui ne pourra jamais rien influencer véritablement et sera potentiellement juste une victime pas consentante des puissants de ce monde.
On sait donc mieux que quiconque voir, quand il se passe une chose importante et grave ou inversement, pas grande chose.

Le G20, c’est donc dans la presse locale pragoise quelques lignes laconiques sur le thème : ‘Trump et Poutine se sont reniflés’.
Rien d’important ne sort de ce type de rencontres, pas de décisions. Sur la Syrie, l’annonce sur l’accord de paix au sud du pays est une ‘non information’, car le problème se pose au nord du pays. Donc RAS.
Sur le discours de Trump en Pologne. Il faut comprendre que pour un tchèque, un polonais paraît un peu trop ‘catholique orthodoxe’ , voir bigot. Comme un américain. Pas assez laïque ou indifférent. Donc Trump, lorsqu’il s’adresse à la Pologne, en parlant de “conserver et protéger des valeurs européennes”, on se dit, qu’il fabrique un blabla commercial pour les catholiques polonais qui ont peur des musulmans…
Et on remarque juste qu’il parle de l’importance de l’Otan, et donc qu’il n’est pas cohérent avec les discours précédents…
Bref, rien à se mettre sous la dent. Circulez, ce n’est pas là où ça se passe. Ça change des titres improbables d’Atlantico sur « Trump donne une leçon de diplomatie à l’Europe’…

Dans un petit pays, on sait, qu’on sera mangé un jour par un plus grand, on espère seulement qu’il ne sera pas encore russe. En attendant on vend nos compétences à tout le monde et on achète comme tout le monde du chinois.

Puis, la presse remarque avec une sorte de délectation l’incapacité des allemands (qui nous ont tant dominé et donné des leçons), qu’ils ne “sont pas désormais capables de maintenir l’ordre à Hambourg” pendant le G20. Tout se perd, même le sens de l’ordre allemand. Ach, mein Gott.
A Hambourg, l’éruption de violence cannibalise une manifestation d’idées alternatives.
Et on cite la parole ironique du petit commerçant allemand victime collatérale des casseurs et des incendiaires devant sa vitrine brisée : “Eh bien, bravo les imbéciles, vous avez vraiement réussi !”, ‘
Ce qui veut tout dire sur les paumés qui désormais incendient des voitures des gens du coin, brisent les vitrines des affreux capitalistes smicards, au nom de la lutte finale contre le capitalisme et qui monopolisent les images des tabloïdes. On peut ainsi oublier les autres manifestants qui voudraient dire des choses avec leur plancardes, généralement assis par terre ou enchaînés sur un candélabre sur les alternatives économiques, mais on ne les entend pas. Rien qui tire vers le haut, juste un délire inutile où la quête du sens légitime se perd dans la violence et la futilité (ou stupidité).

Cela me ramène à ce retour par le RER de l’aéroport après une pérégrinations à travers l’Europe dite ‘vieille’ et qui est en réalité assez dynamique et assez paisible. Je regarde ce bonhomme qui me fait profiter de son écouteur avec du rapp, un autre avec les pieds sur la banquette et un troisième au téléphone me faisant participer à son dialogue intime avec sa ‘meuf’.
Je me demande, si nous n’avions pas raté un truc quelque part, en laissant globalement l’éducation dans les mains des sosies de Hanouna- Schiappa -Ruffin-Ramadan, des revendicateurs creux et pessimistes, alors qu’on aurait besoin des centaines de clones de Badinter et de Simone Weil pour former notre jeunesse…
Et voilà. Je parle comme un vieux con.