Avez-vous entendu parler du choc de contenu ?

Ce matin j’ai découvert ce nouveau concept du marketeur affolé.

Des outils de plus en plus sophistiqués vous aident à concevoir des contenus dans le but d’être bien référencé sur Google. Vous avez sans doute déjà entendu parler de SEO ( Search Engine Optimisation) , c’est-à-dire l’optimisation de vos pages pour se positionner bien dans la recherche Google, dans la SERP ( Search Engine Result Page).

Aujourd’hui, il est difficile de trouver un sujet sur lequel des rédacteurs du web n’avaient pas encore écrit un TUTO ou alors un article formidable sur  « Les 10 idées pour partir en vacances au soleil… ». Et pour vos courses, il est impossible de passer à côté des comparatifs comme « Les 5 meilleurs aspirateurs de l’année à découvrir ».

Désormais, lorsqu’on souhaite acheter un casque Bluetooth, votre résultat de recherche affichera plus souvent en première position un comparatif des « Meilleurs casques Bluetooth de l’année 2021 » sous forme de vidéo YouTube avant de vous proposer une page de produit sur le site de la Fnac.

Du coup, la Fnac embauche des rédacteurs de tutoriels sur le thème ‘Comment choisir le meilleur casque’ et produit les vidéos pour vous expliquer toutes les caractéristiques dans un joli tableau et faire de vous un expert en casque Bluetooth.

Et demain ?

Et c’est là qu’intervient la notion de choc de contenu.


Si la stratégie de contenu fonctionne encore, il est difficile de se démarquer. Nous approchons du point de rupture à partir duquel la production des contenus dépasse notre capacité à les absorber. C’est ce qu’on appelle donc le fameux choc de contenu… Oui, mais si on parlait moins, mais mieux ?

La qualité de la rédaction pour le web, est-elle au rendez-vous ?

Généralement, le rédacteur web, payé quelques centimes le mot, recompile les données d’autres sources. Google doit faire le ménage pour pénaliser même le ‘content spinning’. C’est le remplacement automatisé d’un mot par un synonyme pour faire la déduplication directe des contenus, mais avec un habillage neuf. Toutes ces mauvaises pratiques sont progressivement torpillées par l’algorithme de Google qui devient toujours plus intelligent grâce à la technique de l’apprentissage profonde (deap-learning).

qualité ou quantité

Google n’est plus un moteur de recherche, mais un moteur de réponse.

Le but de Google depuis toujours est de trouver la meilleure réponse à votre question.
Google a évolué depuis quelques années dans sa capacité à contextualiser l’analyse des textes. Votre résultat de visibilité ne s’obtient donc plus en mettant une série de mots clés dans vos pages, mais en proposant un contenu cohérent et surtout bien organisé sur un sujet.

Les souvenirs de vieux combattants des mises à jour de l’algorithme de Google .

une photo d'une vieille affiche dans le métro (humour)

En 2010, Caffeine apporte un crawler instantané, puis Panda fait chasse aux sites avec des contenus de remplissage. Parmi les mises à jour les plus remarquables, je dois évoquer la petite révolution en 2013 avec Colibri permettant de formuler nos requêtes de manière quasi naturelle.

Et puis, en 2015, le mystérieux RankBrain à base de l’IA qui commence à comprendre même vos requêtes abstraites. Vous pourrez poser la question à Google comme à votre meilleur ami en oubliant la moitié de la phrase…

 Et enfin BERT en 2019, un véritable début d’intégration de l’IA qui analyse votre requête en la contextualisant. En lisant de gauche à droite et de droite à gauche, corrigeant au passage vos fautes de frappe, l’IA devine si vous cherchez un avocat mûr pour votre recette de guacamole ou un spécialiste du Code pénal.
Depuis, le vendeur d’avocat cherche comment sortir en premier sur la page.
Oui, c’est nous qui courons après l’IA.

Le dernier must du référenceur affolé est le cluster thématique.

Je croise mes persona avec des cluster?

Ce que j’ai compris sur la conséquence de BERT :

Mon site et mon blog doivent être organisés comme une véritable banque de données de contenu autour d’un sujet central (topic cluster). On utilise aussi un joli terme ‘cocon thématique’. Vous traitez progressivement votre sujet sous tous aspects, mais surtout vous organisez l’information de manière intelligente pour répondre à des requêtes conversationnelles. Le tout se basant sur les ‘pages piliers d’un sujet’.

Plus le moteur de Google s’approche de la capacité de pensée humaine, plus il est capable de comprendre un concept. Donc votre page ‘pilier’ n’a pas besoin de présenter un catalogue de mots clés. Il suffit d’expliquer que vous allez développer une série de contenus sur l’éducation des animaux ou les recettes d’entrée à base d’avocat.

Autour du concept général de « l’éducation du chien », vous écrivez ensuite des pages sur le chiot et sa socialisation, l’éducation positive ou traditionnelle, la nourriture Barf ou croquettes, etc.

Tu veux dire?

Suffira-t-il de créer un contenu sur tout ce qui est porteur ?

NON. Suis-je crédible sur le sujet alors que j’ai juste un chien et aucune formation sérieuse dans le domaine ? L’algorithme de Google est capable d’évaluer également cette notion de ‘pertinence’. Si vous vendez les bretelles, vous n’êtes pas crédible avec votre contenu sur les balades en bateaux sur la Seine avec des liens vers les pages bretelles.

La conséquence est mon planning de travail bien chargé :

je n’avais rien à faire…

Je dois repenser la structure de mes sites et de mes blogs. Sortir de cette manie d’écrire sur tout ce qui m’intéresse dans une cacophonie organisationnelle. La solution d’avenir n’est pas Yost sur WordPress pour valider le texte en comptant bêtement la ‘densité’ de mots clés.

C’est tout le problème de l’IA. Nous serons de moins en moins capables de manipuler et d’influencer sa vision de pertinence d’un contenu…
Et au fond, c’est plutôt une bonne chose.

Ce n’est peut-être pas tant « le choc de contenu », mais le retour du bâton pour le rédacteur web pas inspiré et faisant du remplissage dans le désordre.


c’est moi qui le dit