Après Londonistan, le Londongrad, encore un réveil difficile sur l’ile d’en face.
Londres proclame de “ne plus vouloir l’argent sale de la corruption russe”.

C’est un peu tard, lorsqu’on est devenu “Londongrad” depuis des années sans se poser trop de questions. Devra-t-on dire, enfin ?

 

Avant 2011, tout le monde connaissait d’abord l’expression “Londonistan”, quand Londres accueillait sous divers prétextes sophistiqués les militants islamistes et prêcheurs radicaux en exil, jusqu’à perdre le contrôle de la situation.

Des prédicateurs comme Chudary et Bakri y ont fondé et piloté le noyau central du groupe Sharia4 qui s’est exporté comme des petits pains partout sur la planète.
Avec le discours bien connu et rôdé des frères :
” c’est Allah qui fait la loi et pas des gens, donc on va juste transformer progressivement la législation fabriquée par des hommes et la remplacer par la loi d’Allah, la charia. C’est la seule bonne vision d’avenir, car l’islam est l’expression suprême de l’humanité. Basta.
Comment va-t-on faire ?

“En introduisant nos idées dans le droit civil et pénal occidental qui est perméable comme mon vieux K-way grâce au respect de leur manie de liberté d’expression et le principe de laïcité mal compris dans les banlieues. ”

“On trouvera toujours les défenseurs de la veuve et de l’orphelin sur place un peu naïfs et bien-pensants qui nous aideront, sans comprendre ce qu’ils font.”

Et très optimiste sur le sujet, Fouad Belkacem de Sharia4holland ajoute :
“Lorsque le prophète a instauré la charia dans la ville de Médine, seulement 2 % de la population était musulmane”.
Voilà, c’est donc une question de méthode et de patience.

Ces exportations des mouvements radicaux cultivés sur l’ile ont fait un carton partout.

Nouvelle tendance 2018 : Londres est depuis devenu Londongrad.

Cette ville n’est plus européenne, grâce au Brexit, mais russe, grâce à la City.

La grande lessiveuse de l’argent sale des kleptocrates post-soviétiques a atteint une telle ampleur à la City, qu’on se demande qui a acheté qui.

Londres peut-il décider encore de sa politique étrangère en toute liberté sans se faire punir ou corrompre par les apporteurs de capitaux à la blanchisserie ?

Inversement, soyons optimiste :

Si Londres était capable d’utiliser le système des sanctions internationales liées à des ‘lois anti-corruption (à la mode américaine), ceci donnerait un sacré levier à la Grande Bretagne sur le Kremlin….
Il suffit de voir ce qu’arrive à faire le tribunal de New York avec nos grandes entreprises sur la base de ces lois…

Mais à part d’organiser des mariages de la couronne…qui s’intéresse à ce type de broutilles encore sur l’île ?

D’accord, l’argent ne fait pas tout, mais tout de même, des milliards de livres blanchies chaque année, par les temps qui courent, cela pourrait peser un peu en politique internationale.
Surtout que cette “petite monnaie personnelle” est reliée à un cercle réduit d’oligarchie russe et des dirigeants mafieux des anciennes républiques soviétiques.
Et nous devons sans cesse négocier avec eux, comme aujourd’hui même encore à Moscou.

Et quand le porte-parole de Kremlin Dmitri Peskov dénonca récemment “l’hystérie russophobe” au Royaume -Uni, c’est qu’il y a une chose à regarder sous le tapis.

L’assassinat de Skripal, c’était d’ailleurs une sorte de “twit” poutinesque de mécontentement, bien signé.

Ma question est au fond la suivante :

Dans ce monde compliqué et interconnecté, qui tient qui par la barbichette ?
N’est-ce pas drôle à l’observer ?
C’est sans doute aussi ce nous qui évite une autre guerre mondiale sur nos terres.
Tout le monde tient en réalité tout le monde par la barbichette.

Et c’est un autre effet de la globalisation économique et financière.

La complexité des interconnexions qui passent pas les moyens dites de hardpower et de softpower, par la finance, par l’économie, par la culture imposée ou par l’histoire réécrite, par le chantage moral, militaire, religieux, médiatique est impossible à déchiffrer.
Les différents sujets se croisent de manière pas toujours cohérente sur tous les plans entre les pays.
Un pays peut être puissant militairement, mais pas économiquement, il peut être fort à cause de l’export, mais aussi affaibli par l’import, avoir sa monnaie investie dans les fonds souverains fragiles et la retraite des citoyens prise en otage dans les fonds financiers encore d’un autre pays et ces dirigeants leur fortune bloquée dans l’immobilier sur un autre continent.

Le résultat final de toute pression unilatérale géopolitique est devenu totalement aléatoire.
Un peu comme la bourse.
Il faut donc juste regarder le facteur temps.
La robustesse statistique est avant tout liée au facteur temps. La survie des phénomènes solides n’est visible que dans la durée, le reste n’est ni fiable, ni robuste en probabilité.
Ce n’est que Monte Carlo et on ne confie pas la survie d’une population à la roulette.

La question est donc de savoir, si on doit ou pas agir et intervenir à court terme selon sa conscience et sa morale. Sans cela, le pire de l’humanité prendrait-il le dessus à longue terme ou pas ? Alors qu’à priori, on n’est pas capable de voir où notre action nous conduit-elle ?
Un plaidoyer pour baisser les bras ?!!

Et pourtant, les grandes évolutions de la société, négatives comme positives ont toujours était au départ une affaire d’un petit nombre de personnes allant de 3-10%. Jamais une affaire de la majorité, mais de la majorité entraînée ou embobinée par une minorité intransigeante.

La globalisation a-t-elle changé ce paradigme réellement ?
A-t-elle rendu tout le monde impuissant, car les hommes sont reliés par des intérêts complexes et contradictoires ?
Ou a-t-elle donné le pouvoir à tout le monde, car nous avons l’accès à l’Internet pour donner avis sur tout et fabriquer les pétitions et référendum en un clic ?

Sans doute ni l’un, ni l’autre.
Ne doit-on simplement rester fidèle à des valeurs morales et étiques qui ont traversé le temps ? Les plus robustes ?

Les deux derniers exemples cités sur Londres, me font croire que baisser les bras n’est pas la bonne solution.

Je n’imagine pas comme but ultime pour la planète de vivre dans un Londongrad autoritaire, sans liberté d’expression avec, comme loi unique de l’humanité, la charia.
Ce n’est pas vraiment le monde qui me tente le plus : ce croisement de la Russie, de la Chine et de l’Arabie saoudite…

Je finis toujours par me convaincre que défendre et faire progresser la démocratie de type européen, quel que soit sa faiblesse et son imperfection, est utile.

 

Quelques sources :

– le rapport de l’Agence nationale contre le crime (NCA)
– le rapport de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des commerces
– http://prive.www.lemonde.fr/europe/article/2013/05/11/sharia4belgium-le-groupe-terroriste-a-l-origine-de-l-envoi-de-combattants-belges-en-syrie_3173035_3214.html?ROSAE_PREVIEW
– https://www.latribune.fr/economie/international/russie-la-grande-bretagne-doit-choisir-entre-londres-ou-londongrad-779080.html